Cet accord a été conclu à quelques jours du sommet de l'Otan prévu les 3 et 4 décembre à Londres, où est notamment attendu Donald Trump.

Lors du dernier sommet en 2018, le président américain avait exigé cette réduction de la contribution de son pays.

Les Etats-Unis paient actuellement 22,1 % du budget de l'Otan --qui s'élève à 2,5 milliards de dollars (2,37 milliards d'euros) en 2019 -- et l'Allemagne 14,7%, selon une formule fondée sur le revenu national brut de chaque pays. La France contribue pour 10,5% du budget.

L'accord permet aux Etats-Unis de réduire leur contribution à 16,35% du total. L'Allemagne portera la sienne au même niveau, et les autres alliés, à l'exception de la France, acceptent de payer davantage. Le refus de la France de s'associer à cet accord a contraint les autres alliés à revoir la clef de répartition de l'effort, ont expliqué ces responsables.

Paris a refusé de participer à cette opération jugeant que cela "risque d'être un précédent pour permettre aux Etats-Unis de réduire leurs contributions aux budgets d'autres organisations internationales", a expliqué un diplomate de haut rang. "Il est évident que ce sera un précédent", a-t-il reconnu.

L'accord n'a rien à voir avec le débat sur le partage du fardeau des dépenses militaires, mais "il enlève un sujet de contentieux" pour le sommet de la semaine prochaine, a souligné le diplomate.

"Il était urgent de trouver cet accord car personne n'avait osé dire à Donald Trump que le problème n'était pas réglé", a-t-il précisé.

Le partage du fardeau des dépenses militaires sera un sujet de contentieux du sommet, car les Américains estiment insuffisants les efforts réalisés par les autres alliés, soulignent les délégations européennes.

Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, devrait annoncer vendredi de nouveaux chiffres montrant combien les alliés ont dépensé depuis l'arrivée au pouvoir de Trump en 2016, afin de déminer le terrain avant la réunion à Londres.

Les 29 pays de l'Otan se sont engagés en 2014 à porter leurs dépenses pour la défense à 2% de leur PIB à l'horizon 2024. Huit sont à ce niveau de dépenses en 2019: les Etats-Unis, la Grèce, l'Estonie, la Lituanie, la Lettonie, le Royaume-Uni, la Roumanie et la Pologne. La France assure qu'elle atteindra l'objectif en 2025.

L'Allemagne est en revanche à la traîne, mais elle s'engage à l'atteindre "au début de la décennie 2030". Son budget pour la défense a été augmenté et devrait se monter à 50,3 milliards d'euros en 2020, soit 1,42% de son PIB.