En 2017, les héritiers de la famille Wildenstein, leurs conseillers et leurs sociétés financières avaient bénéficié d'une spectaculaire relaxe générale, alors que le parquet avait réclamé de lourdes sanctions contre ce qu'il avait qualifié de fraude fiscale "la plus longue et la plus sophistiquée" de l'histoire récente en France.

L'accusation s'est attachée à démontrer comment l'empire d'une élite mondialisée a été "soustrait à l'impôt" sur les successions, en décortiquant le fonctionnement de chacun des "trusts", ces sociétés-écran qui abritent les actifs du clan: hôtels particuliers, pur-sangs ou tableaux de maître.

Avec Guy Wildenstein étaient jugés deux autres héritiers: son neveu Alec, qui vit dans un somptueux ranch familial au Kenya, et la sculpteure d'origine russe Liouba Stoupakova, veuve d'un héritier de la famille, en rupture avec le clan. Contre le premier, moins impliqué que son oncle Guy, le parquet général a requis six mois d'emprisonnement avec sursis. Six mois avec sursis également contre la seconde, assortis d'une amende de 150.000 euros.

Le fisc français réclame, dans un contentieux parallèle au procès pénal, 550 millions d'euros aux Wildenstein, accusés d'avoir dissimulé à l'occasion de deux héritages en 2001 et 2008 des pans entiers de leur fortune. Un montant énorme, à la hauteur de la fraude, parfois assortie de blanchiment, reprochée au clan.

Guy Wildenstein et Alec n'avaient déclaré que 40,9 millions d'euros d'héritage en 2002 et payé - en bas-reliefs sculptés pour la reine Marie-Antoinette - des droits de succession de 17,7 millions d'euros.