Cela ne faisait mystère pour personne que Jean-Pascal Labille, patron de Solidaris et ancien ministre PS des Entreprises publiques, n'affichait pas le profil favori de l'actuel gouvernement wallon. Son titre de président de la SRIW, le principal outil financier de la Wallonie, ne tenait donc qu'à un fil. Et ce fil devrait être coupé lors de l'assemblée générale de l'organisme prévue ce mercredi.
...

Cela ne faisait mystère pour personne que Jean-Pascal Labille, patron de Solidaris et ancien ministre PS des Entreprises publiques, n'affichait pas le profil favori de l'actuel gouvernement wallon. Son titre de président de la SRIW, le principal outil financier de la Wallonie, ne tenait donc qu'à un fil. Et ce fil devrait être coupé lors de l'assemblée générale de l'organisme prévue ce mercredi.Selon nos informations, il devrait être remplacé par Marc Tinant, 63 ans, un économiste étiqueté cdH. L'homme arrivera en territoire connu puisqu'il est administrateur de la SRIW depuis 2005. Une dizaine d'années plus tôt, il en avait même été l'un des cadres permanents avant de prendre la direction du bras financier du mouvement ouvrier chrétien (Arco) au milieu des années 90. A ce titre, il fut administrateur de Dexia, entreprise dont il a connu les hauts et les bas. Marc Tinant est également administrateur cdH au sein du groupe Nethys.Marc Tinant ne devrait pas être le seul promu lors de l'AG de la SRIW : Pierre Rion (administrateur de sociétés et président du conseil numérique wallon) en deviendra en effet le vice-président. Une promotion surprenante, non pas évidemment en raison du profil de l'intéressé, mais parce que cette fonction de vice-président du CA n'existait pas au sein de la SRIW et que, jusqu'ici, l'option du gouvernement Borsus était plutôt de réduire le nombre de mandats d'administrateurs publics. Rappelons que les rémunérations annuelles maximales pour les administrateurs publics en Wallons sont désormais fixées à 33.000 euros bruts pour le président d'un organisme ; 25.000 pour le vice-président ; et 8.400 pour les administrateurs. Ce changement de présidence est l'élément marquant du renouvellement du conseil de la SRIW. Les mandats des administrateurs expiraient en 2015, mais ils n'avaient toujours pas été renouvelés. Ce sera désormais chose faite, sur base des équilibres politiques découlant des élections régionales de 2014. Cela signifie 4 administrateurs PS (Eric Van Sevenant, patron de la SWDE et ancien chef de cabinet de Jean-Claude Marcourt, s'ajoute aux sortants Carole Decamps, Tindaro Tassone et Jean-Pascal Labille, qui devrait rester comme simple administrateur) ; 3 MR (Philippe Boury, Laurence Glauthier et Michael Vanloubbeeck, respectivement chefs de cabinet des ministres Pierre-Yves Jeholet, Willy Borsus et François Bellot) ; 2 cdH (Marc Tinant et Isabelle Vienne, cadre chez Proximus et ancienne administratrice de la SFPI). A cela s'ajoutent deux administrateurs indépendants : Pierre Rion et Jean-Albert Nyssens, un ingénieur commercial qui est passé par Mc Kinsey et EY avant de lancer sa propre société de conseil en management. Jean-Albert Nyssens fait partie du groupe de réflexion e-change mené notamment par l'écologiste Jean-Michel Javaux. Dans le conseil sortant les deux administrateurs indépendants de la SRIW étaient Eric Domb (Pairi Daïza) et Olivier Lefebvre. Ils ne sont donc pas reconduits.Des changements sont également attendus au sein du comité de direction de la SRIW. Pour l'instant, il se compose de 2 PS (Olivier Vanderijst et Sebastien Durieux) et d'un Ecolo (Karl Adams). Le gouvernement voudrait y apporter sa sensibilité politique. Mais comment intégrer 1 cdH (Eric Poncin) et 1 MR, sans étoffer démesurément une équipe qui fonctionne à la satisfaction générale ? Tout simplement en faisant glisser un directeur (en l'occurrence Karl Adams) vers la Sowalfin, selon un scénario évoqué par L'Echo.Jean-Paul Bastin à la tête de la SowalfinLe gouvernement wallon doit aussi remanier le conseil de la Sowalfin. Le président Jean-Sebastien Belle (PS) a déjà été averti que son mandat ne serait pas prolongé. La présidence reviendrait également au cdH, en l'occurrence l'actuel vice-président Jean-Paul Bastin, le bourgmestre de Malmedy. Le MR prendrait, lui, la tête de l'autre pôle économique wallon, formé par la fusion de la Sogepa et de la Spaque. Cela impliquerait le départ de l'actuel président de la Sogepa, une personnalité choisie, à l'époque par Ecolo, en dehors du sérail politique, à savoir le directeur général d'Agoria-Wallonie, Thierry Castagne.En raison du rapprochement entre les outils économiques wallons, trois administrateurs de la SRIW (vraisemblablement Philippe Boury, Carole Decamps et Isabelle Vienne) siégeront aussi à la Sowalfin. Une coupole devrait en outre venir chapeauter les deux organismes. Le gouvernement doit y désigner cinq administrateurs, lesquels exerceront à titre gratuit, ainsi que deux commissaires du gouvernement. Au vu de l'abondance des chefs de cabinet ministériels dans le nouveau CA de la SRIW, on peut pourtant se demander s'il est vraiment nécessaire de désigner des commissaires pour s'assurer que l'organisme s'inscrit bien dans la stratégie fixée par le gouvernement.