En 2012, le président d'alors, Christian Wulff, avait en effet été obligé de faire un pas de côté parce qu'il était impliqué dans un scandale financier (il sera finalement relaxé deux ans plus tard). Angela Merkel avait proposé le poste à Andreas Voßkuhle, mais il avait refusé après une nuit de réflexion.
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En 2012, le président d'alors, Christian Wulff, avait en effet été obligé de faire un pas de côté parce qu'il était impliqué dans un scandale financier (il sera finalement relaxé deux ans plus tard). Angela Merkel avait proposé le poste à Andreas Voßkuhle, mais il avait refusé après une nuit de réflexion. Andreas Voßkuhle déteste inaugurer les chrysanthèmes. Cet ancien doyen de la faculté de droit de l'université de Fribourg, nommé en 2010 président de la plus haute juridiction du pays, est davantage dans son élément dans les discussions juridiques de haut vol. S'il se retrouve aujourd'hui au coeur de l'actualité, c'est que la Cour constitutionnelle a été saisie d'un recours contre le programme d'assouplissement monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) lancé par quelques économistes et politiciens. Les plaignants sont des Allemands farouchement opposés à l'idée que la BCE finance des déficits budgétaires, et qui plus est des déficits d'autres pays que le leur. La Cour constitutionnelle n'a pas voulu trancher. Elle a transmis le problème à la Cour de Justice de l'Union européenne. Mais elle a néanmoins fait part dans un communiqué de ses " doutes quant à la compatibilité du programme avec l'interdiction du financement monétaire des déficits budgétaires ". Du coup, certains qualifient Andreas Voßkuhle de " fossoyeur potentiel de l'euro ". Car si la BCE n'avait pas sorti son " bazooka " et affirmé en 2012 qu'elle était prête à tout faire pour sauver l'euro, donc prête aussi à ache- ter des obligations d'Etat, l'euro n'existerait sans doute plus aujourd'hui. Andreas Voßkuhle sera-t-il celui qui aura aidé à désarmer la BCE ?