En réalité, une monnaie sous-évaluée - comme essaie de le faire en ce moment le Japon -, c'est une sorte de subvention déguisée et qui est en plus en contradiction avec les règles du commerce mondial. Mais que voulez-vous, quand chaque pays à un taux de chômage élevé, ses gouvernants n'en ont cure de respecter les règles et s'il faut sous-évaluer la monnaie nationale pour faire baisser le taux de chômage, alors on y va franco !

La question se pose maintenant pour l'euro. Si tout le monde manipule sa monnaie, l'euro ne risque-t-il pas de devenir le dindon de la farce en étant surévalué par rapport aux autres devises ? La question n'est pas du tout académique, car quand l'euro monte par rapport aux autres devises, les économistes considèrent que cette hausse est équivalente dans son impact à une hausse des taux d'intérêt.

Autrement dit, si les autres manipulent leurs monnaies à la baisse et que nous ne faisons rien, cela revient à étrangler tout doucement les entrepreneurs et les ménages européens. La réponse est donc toute trouvée : l'euro ne peut pas rester neutre sauf à se transformer en victime collatérale de la guerre des changes actuelle. Oui, sauf que les dirigeants politiques européens ne comptent pas agir pour déprécier l'euro . Pourquoi ? Parce que nous sommes à peine sortis de la crise de la zone euro, et qu'ils ne veulent pas envoyer un message de faiblesse à l'extérieur. En d'autres termes, les politiques européens préfèrent un euro fort qu'un euro faible, l'image l'emporte donc sur la réalité - pour le moment.