Après plusieurs mois de polémiques et de tensions, les LIV Series prennent officiellement leur envol ce jeudi sur le parcours du Centurion Club, près de Londres. Financé par un fonds d'investissement saoudien (PIF) et piloté par l'ancien champion australien Greg Norman, ce nouveau circuit a mis le golf mondial sens dessus-dessous. Il défie, il est vrai, ouvertement les tournois du PGA Tour et du DP World Tour en proposant des prize moneys défiant la raison (lire l'encadré).
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Après plusieurs mois de polémiques et de tensions, les LIV Series prennent officiellement leur envol ce jeudi sur le parcours du Centurion Club, près de Londres. Financé par un fonds d'investissement saoudien (PIF) et piloté par l'ancien champion australien Greg Norman, ce nouveau circuit a mis le golf mondial sens dessus-dessous. Il défie, il est vrai, ouvertement les tournois du PGA Tour et du DP World Tour en proposant des prize moneys défiant la raison (lire l'encadré). Parmi les champions ayant d'ores et déjà cédé à la tentation, on retrouve six anciens lauréats de tournois du Grand Chelem et neuf membres du top 100 mondial. Les Américains Dustin Johnson et Li Na, les Anglais Ian Poulter et Lee Westwood, l'Allemand Martin Kaymer, l'Espagnol Sergio Garcia, les Sud-Africains Louis Oosthuizen et Charl Schwartzel font notamment partie des premiers inscrits. D'autres grands noms devraient suivre, dont Phil Mickelson. "Nous vivons un moment important de l'histoire du golf. Dans le sport moderne, l'argent est devenu l'une des clés de la réussite. Et, là, il y en a vraiment beaucoup. Rien que pour rejoindre les LIV Series, Dustin Johnson a reçu un chèque de bienvenue de 125 millions de dollars. C'est du jamais vu!", remarque Andy Hancock, grand connaisseur du monde du golf et spécialiste de sport business. Certes, pour l'heure, la plupart des stars des greens n'ont pas franchi le pas et restent fidèles aux circuits traditionnels. Le PGA Tour pourrait, de fait, infliger de lourdes sanctions aux joueurs engagés sur cette Saudi League. Jay Monaham, le grand patron du circuit américain, a même évoqué des interdictions de jeu. "Il y a actuellement de nombreuses incertitudes à tous les étages, poursuit Andy Hancock. Personne ne sait, par exemple, si Dustin Johnson et Sergio Garcia pourront encore disputer les tournois du Grand Chelem ou la Ryder Cup. Rien n'est vraiment clair. Si des suspensions sont actées, ce sera la guerre totale. Et avec leurs moyens illimités, les Saoudiens pourraient parfaitement gagner devant les tribunaux. L'idéal serait que ce nouveau circuit cohabite avec les autres. Mais il y a, en toile de fond, d'énormes enjeux financiers, notamment au niveau des droits de télévision. Rien ne sera simple." A ce stade, Thomas Pieters, Thomas Detry et Nicolas Colsaerts ont décidé de rester fidèles au DP World Tour. Mais à l'instar de tous les autres joueurs professionnels, les trois Belges suivent la situation de près. "Je suis un gars loyal et je sais tout ce que le circuit européen m'a apporté. Pas question donc de bouger actuellement. Mais forcément, je me pose des questions. Gagner 4 millions de dollars sur un seul tournoi, ça laisse rêveur", nous avouait récemment Nicolas Colsaerts qui arrive tout doucement en fin de carrière.