Nous sommes en 74 de notre ère. L'empereur de Rome s'appelle Vespasien. A des milliers de kilomètres, sur les rives de la mer Morte, le général Lucius Flavius Silva, à la tête de plusieurs milliers de légionnaires, prépare le siège de Massada, où sont réfugiés les derniers rebelles juifs. C'est l'ultime épisode de la campagne de Judée. Flavius en reviendra couvert de gloire. Massada...

Nous sommes en 74 de notre ère. L'empereur de Rome s'appelle Vespasien. A des milliers de kilomètres, sur les rives de la mer Morte, le général Lucius Flavius Silva, à la tête de plusieurs milliers de légionnaires, prépare le siège de Massada, où sont réfugiés les derniers rebelles juifs. C'est l'ultime épisode de la campagne de Judée. Flavius en reviendra couvert de gloire. Massada est un rocher réputé imprenable, à 450 m d'altitude, où le roi Hérode avait édifié son palais, mais l'issue ne fait aucun doute: les Romains construisent une rampe qui leur permettra de venir à bout des assiégés. Tôt ou tard. L'attente est longue. Et propice à la réflexion et à l'introspection. Pour son deuxième roman, ce passionné d'histoire qu'est Sylvestre Sbille choisit de réfléchir aux limites mais aussi aux dérives de la foi, situant son récit à une époque où la légende d'un certain Galiléen, mort sur la croix et prétendument ressuscité quelques années auparavant, commence à se répandre. Il oppose deux civilisations, deux conceptions religieuses qui ne parviennent pas à se comprendre: celle des Romains qui ont une divinité pour chaque activité de leur vie, celle des Juifs qui ne croient qu'en un dieu unique. Et c'est là que le roman transcende son cadre historique pour faire écho au monde que nous connaissons: des guerres de religion qui perdurent, des comportements impérialistes que certaines nations perpétuent, et pas seulement sur le plan économique. Dans Massada, l'auteur transforme en suspense une histoire qui semblait pliée d'emblée, créant autant d'intrigues qu'il y a de personnages. Et aucun d'eux n'est secondaire, surtout pas les enfants, dont la petite juive Hagar, âgée de sept ans, ou l'adolescent Djanu, fils de la favorite du général, à travers le regard desquels cet épisode de l'histoire antique nous est fort habilement conté.