A 60 ans, Jean-Claude Marcourt va découvrir un nouveau métier : celui de parlementaire. En 2004, il était en effet passé directement de la case chef de cabinet à celle de ministre de l'Economie wallonne. " Erreur, j'ai siégé deux jours au Parlement européen avant d'être désigné ministre ", sourit-il. Salué comme pragmatique, il tient à le rester. Vous ne l'entendrez donc pas courir derrière le PTB en voulant taxer les robots ou bloquer des dossiers par revanche envers le cdH. " La période est compliquée, dit-il, mais j'espère que chacun gardera son sang-froid pour travailler dans l'intérêt de la Wallonie. "
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A 60 ans, Jean-Claude Marcourt va découvrir un nouveau métier : celui de parlementaire. En 2004, il était en effet passé directement de la case chef de cabinet à celle de ministre de l'Economie wallonne. " Erreur, j'ai siégé deux jours au Parlement européen avant d'être désigné ministre ", sourit-il. Salué comme pragmatique, il tient à le rester. Vous ne l'entendrez donc pas courir derrière le PTB en voulant taxer les robots ou bloquer des dossiers par revanche envers le cdH. " La période est compliquée, dit-il, mais j'espère que chacun gardera son sang-froid pour travailler dans l'intérêt de la Wallonie. " JEAN-CLAUDE MARCOURT. Posez la question aux syndicats et vous aurez probablement le même constat sur la politique économique menée ces 10 dernières années. Nous avons transformé la base industrielle de la Wallonie avec les pôles de compétitivité, nous l'avons inscrite dans la créativité, dans la durabilité, dans la modernité. Mais nous avons fait cela en nous fondant sur l'adhésion de tous. Une politique économique, comme beaucoup de politiques d'ailleurs, ne peut réussir qu'avec l'adhésion des acteurs de terrain. Le soutien à l'entreprise est essentiel, la Wallonie a besoin d'entrepreneurs comme de pain. Mais elle a aussi besoin de dialogue social. J'ai toujours veillé à ce que les deux aspects soient pris en compte. Oui, je pense que l'Etat n'a pas seulement vocation à être un régulateur. Nous pouvons agir pour orienter, pour soutenir, pour aider à transformer l'économie. Nous avons vu, dans le secteur financier, ce que la folie de la dérégulation pouvait engendrer. Je pense que tout le monde n'en a pas encore tiré les bonnes leçons... Un modèle économique doit s'intégrer dans la réalité de son territoire. Après la crise des années 1970, la Wallonie manquait d'investisseurs. Aujourd'hui, nous parvenons enfin à faire émerger ces nouveaux investisseurs. Mais, à eux seuls, ils ne suffiront pas. L'investissement public ne se fait pas aux dépens du privé mais en collaboration avec lui. Regardez le secteur des biotechnologies : sans la prise de risque des pouvoirs publics au départ, ces boîtes dont nous sommes tous si fiers aujourd'hui ne se seraient jamais lancées. Je lui dis qu'aujourd'hui, une taxation des robots serait contre-productive. L'automatisation est une réponse au coût salarial et au prix de l'énergie élevés. Grâce à l'automatisation, des entreprises wallonnes ont amélioré leur productivité, regagné des parts de marché et ont créé de l'emploi. Nous avons même vu le rapatriement de productions faites en Asie. Ne pas investir dans ces technologies, c'est tout simplement sortir du marché. Cela étant, il y a une vraie réflexion à mener sur le financement de la sécurité sociale. Le démantèlement amorcé par le Fédéral n'est évidemment pas une solution pour moi. Réduire le prix des médicaments ? Mais la Belgique est le pays au monde avec la plus forte production de médicaments par habitant. Soutenir le secteur de la santé, c'est fondamental pour notre économie. Les regrets sont vains. Mais oui, j'aurais aimé finaliser la réforme. Tous les acteurs économiques trouvent que la SRIW, la Sogepa et la Sowalfin fonctionnent bien. On peut les améliorer avec une plus grande transversalité, par exemple dans le numérique, mais il ne faudrait pas tout détricoter. Quand j'entends aujourd'hui Dimitri Fourny (chef de groupe cdH au Parlement wallon, Ndlr) dire que la réforme des outils économiques financera la suppression de la télé- redevance, je suis sidéré. C'est exactement l'inverse de ce que veulent les entreprises.