"Il n'y aura pas l'arôme, l'incomparable parfum du papier, ces exhalaisons subtiles de cellulose et de lignite s'échappant des pages accumulées, il n'y aura pas le joyeux brouhaha des écoliers déboulant entre les étals de livres à Tour & Taxis, il n'y aura pas ces discussions passionnées entre lecteur.trice.s patientant dans les longues files d'attente de la chasse aux dédicaces." Il ne s'agit non pas d'un ex...

"Il n'y aura pas l'arôme, l'incomparable parfum du papier, ces exhalaisons subtiles de cellulose et de lignite s'échappant des pages accumulées, il n'y aura pas le joyeux brouhaha des écoliers déboulant entre les étals de livres à Tour & Taxis, il n'y aura pas ces discussions passionnées entre lecteur.trice.s patientant dans les longues files d'attente de la chasse aux dédicaces." Il ne s'agit non pas d'un extrait de bouquin lyrique, pas plus que d'un sursaut poétique, mais du début de communiqué de presse présentant cette édition particulière de la Foire du Livre 2021. Le casting du reste toujours généreux: 250 auteurs pour 11 jours de rencontres. Pour ce faire, la Foire a conçu une véritable chaîne online fonctionnant de 10 heures du matin à 21 heures. Avec des rendez-vous ponctuels, parmi lesquels les nouvelles voix de la littérature, le goûter en famille, le flirt flamand ( sic) et les auteurs européens. Pas de Foire du Livre sans noms grand public. Cette année, outre les archi- habitués Eric-Emmanuel Schmitt et Amélie Nothomb, on pointe la chanteuse- auteure Olivia Ruiz, la journaliste Florence Aubenas et Adeline Dieudonné. Cette dernière, née en 1982, décroche la (simili) timbale en 2018 avec La vraie vie, vendu à 250.000 exemplaires à l'international et traduit en 20 langues. Suite à ce carton éditorial, la Belge a sorti un recueil collectif en 2020 ( L'injuste destin du pangolin) et promotionne son actuel Kérozène. Mais la Foire n'est pas seulement un aimant à dédicaces d'auteur(e)s plus ou moins célèbres, vu qu'elle propose aussi d'autres confluences, plus originales. On pense à cet atelier tenu le 8 mai, baptisé Le chant des supportrices, qui propose aux femmes de s'approprier les slogans habituellement réservés aux supporters de foot masculins. Ou encore, histoire de prendre l'air le 13 mai en milieu d'après-midi, ce Gueuloir poétique dans les belles Galeries Royales Saint-Hubert où divers auteurs hurleront leurs déclarations littéraires tout en déambulant en public...