Voilà typiquement le genre d'adresses qu'on adore. Tant pour sa simplicité et sa convivialité que pour la qualité de sa cuisine à prix doux. Si l'on excepte, entre autres, La Petite Madeleine, Tournai intra-muros n'a jamais été considéré comme une scène gastronomique dynamique. Lentement mais sûrement, les choses changent. A l'ombre du beffroi, le Nou fait partie de ces jolies petites adresses qui montent. Repris l'an dernier par le chef Mathis Lambert, un véritable passionné, membre des jeunes d'Eurotoques, il revendique une cuisine ra...

Voilà typiquement le genre d'adresses qu'on adore. Tant pour sa simplicité et sa convivialité que pour la qualité de sa cuisine à prix doux. Si l'on excepte, entre autres, La Petite Madeleine, Tournai intra-muros n'a jamais été considéré comme une scène gastronomique dynamique. Lentement mais sûrement, les choses changent. A l'ombre du beffroi, le Nou fait partie de ces jolies petites adresses qui montent. Repris l'an dernier par le chef Mathis Lambert, un véritable passionné, membre des jeunes d'Eurotoques, il revendique une cuisine raisonnée. Il est vrai, et la liste s'affiche fièrement sur le menu, que les producteurs et fournisseurs sont tous locaux. Même si dans le cas de Tournai, le local peut dépasser un peu les frontières. Comme pour l'excellent café Fou du Grain produit par Vincent, un torréfacteur artisanal de Quesnoy-sur-Deûle, non loin de Warneton. Dans un décor urbain et contemporain faisant la part belle au beige chaud et au gris, Mathis Lambert, qui se partage entre la salle et le piano, propose des plats qui respectent le produit et le magnifient. Certes, tout n'est pas parfait et certaines cuissons mériteraient plus de justesse mais les associations sont réussies et les plats bien goûteux. Le chef concocte une carte resserrée qui change souvent et agrémentée d'un plat du jour en guise de suggestion: cinq entrées (dont une végane), six plats (dont un végane) et sept desserts. Tout est à prix doux et peut se combiner (parfois avec supplément) dans un menu trois services avec une mise en bouche pour 45 euros. Une belle affaire vu le niveau des assiettes. Mention bien pour la raviole de volaille et son consommé au soja et à la citronnelle ou pour l'oeuf avec sa crème d'ail et shiitakés. L'agneau, accompagné d'un millefeuille végétal et d'un jus au miel, était fondant à souhait. Quant à la gamba, un poil trop cuite hélas, elle était bien mise en scène et la poêlée de girolles, soja et courgettes valait à elle seule le détour. Le dessert, un ananas dans tous ses états (carpaccio, tartare et flambé au rhum), était à l'aune de cette bonne cuisine de bistronomie qui donne envie de revenir pour une soirée entre amis. Sans chichi. On note une jolie carte des vins, certes resserrée mais concoctée par la Maison Brunin-Guillier. Avec, notamment, un épatant Barbera d'Asti de chez Loreto du côté italien ainsi que les vins du Domaine Sérol en Côte chalonnaise ou du Domaine de l'Oratoire Saint-Martin à Cairanne.