Lors de la dernière cérémonie des étoiles Michelin en février, Dokkoon Kapueak, la cheffe, n'avait pu retenir ses larmes. Dix ans après avoir quitté sa Thaïlande pour travailler dans le salon de massage de sa tante à Knokke, la voilà étoilée Michelin! L'histoire a tout d'un conte de fées pour celle qui vivait plus que chichement avec sa famille dans son pays natal. C'est une rencontre fortuite avec Patrick De Langhe, propriétaire de Niche, une agence de marketing et d'événements à succès, qui va faire basculer son destin. De fil en aiguille, de foi...

Lors de la dernière cérémonie des étoiles Michelin en février, Dokkoon Kapueak, la cheffe, n'avait pu retenir ses larmes. Dix ans après avoir quitté sa Thaïlande pour travailler dans le salon de massage de sa tante à Knokke, la voilà étoilée Michelin! L'histoire a tout d'un conte de fées pour celle qui vivait plus que chichement avec sa famille dans son pays natal. C'est une rencontre fortuite avec Patrick De Langhe, propriétaire de Niche, une agence de marketing et d'événements à succès, qui va faire basculer son destin. De fil en aiguille, de foires commerciales en événements, Dokkoon et Patrick finissent par ouvrir Boo Raan à Knokke. S'il fut un moment en cuisine, aujourd'hui, c'est une brigade entièrement féminine qui joue du piano. Boo Raan signifie "selon la tradition" en thaï. Dans le cas de Dokkoon Kapueak, celle des recettes de sa grand-mère. Dans un décor confortable où le bois et le bambou dominent, la cheffe n'a pas changé sa façon de faire d'un iota depuis sa consécration par Michelin. On vient pour partager des plats traditionnels servis ensemble sur la table. La cheffe propose deux menus: le Discovery, plus classique et aux plats moins relevés, et le Surprise aux préparations plus éloignées des sentiers battus. Ne vous fiez pas aux noms: ils sont tous deux "surprises" et vous ne découvrez les plats qu'une fois servis sur la table. Les prix ne sont pas piquants du tout: trois plats pour 69 euros, quatre pour 92, cinq pour 115. Si vous n'êtes qu'à deux, le petit menu est amplement suffisant (c'est donc 69 euros pour deux dans un étoilé Michelin! ) et nécessite même le recours à un doggy bag avant de partir. Surtout si vous avez succombé à l'envie de goûter, avec l'apéro, à la streetfood proposée: loempias, satés ou autres tempuras. Le soir de notre visite, la cheffe, qui pioche dans une belle carte d'une quarantaine de plats (21 à 25 euros seuls), nous a proposé le Kaeng Kai - curry rouge (une préparation piquante à base de volaille, lait de coco, poivrons pointus, bambou et aubergines thaïs), le Krapaw Neu (un plat piquant d'Angus Beef avec du basilic sacré et des haricots thaïs) et le No Mai Varang Khung (un wok de scampis, asperges vertes, shiitakés, huile de sésame et sauce soja). Sans être un spécialiste de la cuisine asiatique, c'est le meilleur thaï que nous ayons jamais mangé. La carte des vins présente de solides références, notamment italiennes. Le service est convivial, stylé et pas avare en explications. Une bonne adresse en toutes saisons.