Fin 2016, le prix du baril de pétrole brut a dépassé 55 dollars après que l'OPEP eut décidé de limiter volontairement son offre au premier semestre de cette année. Tout bon pour BP, qui prévoyait l'an dernier d'atteindre le niveau de break-even (ni bénéfice, ni perte) du cash-flow libre entre 50 et 55 dollars. À un cours du pétrole situé dans cette fourchette, voire au-delà, le groupe estimait qu'il disposerait d'un cash-flow suffisant pour financer les investissements dans ses actifs existants et neufs, et pour payer les dividendes. La déception des analystes et des investisseurs fut dès lors grande lorsqu'en marge de la publication des résultats annuels, BP a relevé ce n...

Fin 2016, le prix du baril de pétrole brut a dépassé 55 dollars après que l'OPEP eut décidé de limiter volontairement son offre au premier semestre de cette année. Tout bon pour BP, qui prévoyait l'an dernier d'atteindre le niveau de break-even (ni bénéfice, ni perte) du cash-flow libre entre 50 et 55 dollars. À un cours du pétrole situé dans cette fourchette, voire au-delà, le groupe estimait qu'il disposerait d'un cash-flow suffisant pour financer les investissements dans ses actifs existants et neufs, et pour payer les dividendes. La déception des analystes et des investisseurs fut dès lors grande lorsqu'en marge de la publication des résultats annuels, BP a relevé ce niveau de break-even à 60 dollars. C'est un prix qui n'avait plus été atteint depuis juillet 2015. Ces dernières semaines, le prix du pétrole a baissé à nouveau vers 50 dollars. La probabilité d'un prix moyen de 60 dollars cette année est donc limitée, et partant, le cash-flow libre de BP sera probablement négatif cette année aussi. Le dividende reste stable, et depuis la récente baisse du cours de BP, le rendement de l'action a dépassé les 7 % (brut). Les dépenses du groupe ont augmenté en raison de ses investissements plus importants. Depuis 2010, BP a vendu pour plus de 55 milliards de dollars d'actifs afin d'être en mesure de payer les frais liés à la catastrophe pétrolière dans le golfe du Mexique. Désormais tourné vers l'avenir, le groupe a notamment investi dans des champs pétroliers et renforcé des participations au dernier trimestre 2016. En conséquence, les investissements, à 17,45 milliards de dollars, sont nettement supérieurs aux 16 milliards de dollars attendus. Le groupe table jusqu'en 2021 sur une croissance annuelle moyenne de la production de 4 à 5 %. La production de pétrole, à 3,27 millions de barils par jour l'an dernier, doit déjà augmenter cette année à 3,5 millions de barils. BP compte lancer 7 nouveaux projets cette année et 9 autres entre 2018 et 2021, qui accroîtront la production à 4,2 millions de barils par jour au terme de cette période. Simultanément, le niveau de break-even baissera à 40 dollars. Sur la base d'un prix du pétrole à 60 dollars, la division Upstream (exploration et production) devrait générer un cash-flow libre de 14 milliards de dollars. La division Downstream (raffinage) devrait y ajouter 9 à 10 milliards de dollars. Mais nous n'y sommes donc pas encore. En 2016, Upstream fut tout juste rentable (25 millions de dollars) et le bénéfice opérationnel de Downstream a reculé sur une base annuelle de 29 %, à 5,25 milliards de dollars. Cette année, la position d'endettement passera de 35 à 41 milliards de dollars. En conséquence, le taux d'endettement (rapport dette nette/ fonds propres), à 27 %, passera à 30 %. Ce chiffre est certes légèrement supérieur à la moyenne sectorielle, mais en soi, il n'est pas inquiétant compte tenu de la croissance attendue du cash-flow au cours des prochaines années. Les dépenses complémentaires de BP accroissent le niveau du break-even. Dès lors, cette année non plus, le cash-flow ne pourra pas couvrir à la fois le dividende et les investissements. La valorisation est en ligne avec celle du secteur, mais c'est son dividende qui rend BP particulièrement intéressant. Conseil : digne d'achat Risque : moyen Rating : 1B Paru sur initiedelabourse.be le 27 mars CETTE ANNÉE, LE TAUX D'ENDETTEMENT S'ACCROÎTRA À 30%.