Trois semaines après sa première mondiale berlinoise, Requiem pour L. s'installe à La Monnaie pour quatre représentations seulement, avant une tournée dans le pays. Sur scène, un triangle de créateurs, où apparaît d'abord Mozart et son Requiem qui fut aussi so...

Trois semaines après sa première mondiale berlinoise, Requiem pour L. s'installe à La Monnaie pour quatre représentations seulement, avant une tournée dans le pays. Sur scène, un triangle de créateurs, où apparaît d'abord Mozart et son Requiem qui fut aussi son ultime acte de compositeur : une sublime messe des morts écrite avant son propre passage à l'au-delà. Ensuite, il y a le duo composé par le musicien liégeois Fabrizio Cassol - connu pour ses audaces au sein d'Aka Moon - et le chorégraphe gantois Alain Platel - et ses Ballets C de la B -, inspiré par la mélancolie virale du Requiem. Ces deux-là ont déjà travaillé à trois reprises ensemble, notamment sur Coup fatal qui, en 2014, revisitait le répertoire baroque en passant par l'Afrique. Il y a de cela aussi dans leur nouvelle création où opéra, jazz et rythmes populaires africains s'unissent à la rencontre de Mozart dans une fusion sonore inédite. Sur ces entrelacs défiant les genres comme les époques, Alain Platel traduit de manière extrêmement personnelle la messe des morts et la fosse commune, ultime demeure de Mozart, mort à Vienne en décembre 1791 à l'âge de 35 ans.