Elle est l'une des plus grandes écrivaines américaines de notre temps. Romancière traduite depuis les années 1990 chez Actes Sud, Siri Hustvedt est aussi une essayiste de haut vol. Avec Que sommes-nous? Essais sur la condition humaine paru en novembre , mais aussi il y a près de 10 ans avec Vivre Penser Regarder" (Actes Sud) , elle interroge avec beaucoup d'intelligenc...

Elle est l'une des plus grandes écrivaines américaines de notre temps. Romancière traduite depuis les années 1990 chez Actes Sud, Siri Hustvedt est aussi une essayiste de haut vol. Avec Que sommes-nous? Essais sur la condition humaine paru en novembre , mais aussi il y a près de 10 ans avec Vivre Penser Regarder" (Actes Sud) , elle interroge avec beaucoup d'intelligence sa pratique d'écriture et, à travers elle, le "je" de l'être humain occidental tel qu'il se vit et se construit. Mêlant neurosciences, philosophie, psychologie, une pointe de sociologie et de récit de soi, Siri Hustvedt se balade avec une déconcertante facilité dans des territoires de la pensée d'une profondeur stimulante. Elle traverse les thèmes de la mémoire, de l'imagination, de la synesthésie mais aussi de l'hystérie ou du suicide avec une évidente acuité. Comment se créent les idées et d'où viennent-elles? Comment les exprime-t-on selon les disciplines? Sa culture générale et l'étendue de ses connaissances font des neufs essais de ce dernier recueil paru en français un régal intellectuel et un outil de réflexion presque infini. En digne descendante de Merleau-Ponty, Siri Hustvedt critique la suprématie du corps sur l'esprit, de la raison sur l'émotion et les impasses où ces dualités mènent. Elle place en outre au centre de la définition de soi l'altérité, le "tu" qui permet, seul, de définir "je". Soit le prolongement d'une pensée qu'elle développait déjà dans son recueil précédent Une femme regarde les hommes regarder les femmes, dont la version poche vient d'ailleurs de sortir . Mais, d'un texte à l'autre, Siri Hustvedt ne se répète pas. Elle affine une pensée riche dans laquelle on prend plaisir à piocher matière pour mieux se définir et se construire.