Le rapport indépendant sur le survol de Bruxelles n'est plus une arlésienne. Contraint par une décision de justice de juillet 2017, François Bellot, après quelques difficultés, a confié cette étude d'incidence au bureau français Envisa qui est spécialisé dans la durabilité des activités aéroportuaires. Il vient de produire la première partie de son rapport et le moins que l'on puisse écrire, c'est qu'il es...

Le rapport indépendant sur le survol de Bruxelles n'est plus une arlésienne. Contraint par une décision de justice de juillet 2017, François Bellot, après quelques difficultés, a confié cette étude d'incidence au bureau français Envisa qui est spécialisé dans la durabilité des activités aéroportuaires. Il vient de produire la première partie de son rapport et le moins que l'on puisse écrire, c'est qu'il est gratiné ! Personne n'est épargné : l'Etat, les Régions bruxelloise et flamande, les riverains, les administrations, etc. Bref, Envisa nous accuse, à mots couverts, d'amateurisme. Outre la situation géographique de Brussels Airport, le rapport ne comprend pas le pouvoir dévolu aux ministres dans la gestion des routes, laquelle suppose des décisions opérationnelles qui, dans de très nombreux autres pays, sont prises par des administrations spécialisées. Il en résulte des choix purement arbitraires et politiques. Envisa parle même d'abus de plaintes de riverains à des fins purement politiques. Il reproche la même chose à la justice dans ses décisions. Le ton est donné. Le reste est du même acabit : absence de considérations environnementales dans les décisions, manque total de coordination entre les différents niveaux de pouvoir, émiettement des différentes compétences, manque total de communication entre les riverains qui se livrent à une concurrence malsaine, climat de méfiance généralisé envers l'aéroport et les administrations comme Skeyes (sécurité du trafic aérien) ou la DGTA (direction générale du transport aérien), etc. Le système des amendes mis en place par la Région bruxelloise est aussi mis en cause. Envisa ne comprend pas leur objectif puisqu'elles ne sanctionnent pas forcément des mauvais comportements de pilotes ou de compagnies mais plutôt des mouvements imposés par le contrôle aérien. Selon lui, les sonomètres bruxellois sont aussi mal situés. Après une telle première partie, on est très curieux de lire la seconde qui doit contenir les recommandations des experts français. Livraison avant l'été.