Le débat sur l'avenir de l'actionnariat public de Proximus est sans fin. La CEO Dominique Leroy a rappelé que l'entreprise publique était bien " autonome ", et que l'Etat n'avait aucun moyen d'influencer le management de la société. Cela n'a pas empêché le Premier ministre de la convoquer pour lui passer un savon, ni l'ensemble de la classe politique de se découvrir d'une soudaine passion pour la défense de l'emploi chez Proximus.
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Le débat sur l'avenir de l'actionnariat public de Proximus est sans fin. La CEO Dominique Leroy a rappelé que l'entreprise publique était bien " autonome ", et que l'Etat n'avait aucun moyen d'influencer le management de la société. Cela n'a pas empêché le Premier ministre de la convoquer pour lui passer un savon, ni l'ensemble de la classe politique de se découvrir d'une soudaine passion pour la défense de l'emploi chez Proximus. C'est une constante. Les politiques ne s'intéressent à Proximus que lorsque l'entreprise traverse une crise. Le reste du temps, ils se contentent d'accueillir sans déplaisir les centaines de millions d'euros de dividendes qui viennent garnir les caisses de l'Etat, actionnaire majoritaire à 53,51 % (voir graphique " De généreux dividendes pour l'Etat "). Les législations successives concernant Proximus ont accru au fur et à mesure son autonomie. Malgré cela, la classe politique n'a pas renoncé à avoir son mot à dire sur l'entreprise publique. Le PS, par l'intermédiaire de son nouveau porte-parole Paul Magnette, tire à boulets rouges sur le management de l'entreprise, qualifié dans les colonnes de L'Echo d'" incompétent " pour ne pas avoir vu venir la révolution numérique. Pour Paul Magnette, il faut redonner beaucoup plus de pouvoir et de contrôle à l'autorité publique dans la gestion de ces entreprises. Il plaide même pour une représentation des travailleurs dans les organes de direction. Ce serait une situation pour le moins inédite en Belgique : à notre connaissance, aucun organisme public ou privé ne fonctionne de la sorte. Gilles Vanden Burre, député Ecolo, plaide pour un Etat qui pèse sur les décisions stratégiques de l'entreprise : " Il ne faut pas retransformer Proximus en une administration publique. L'Etat ne doit pas s'occuper de télécoms au jour le jour. Mais il faut un Etat actionnaire ambitieux, qui défend l'intérêt général et les conditions sociales et environnementales de l'entreprise. " Il souhaite un " rôle actif " de l'actionnaire public, à l'instar de celui exercé par les pouvoirs publics dans les invests régionaux. Pour Jean-Jacques Flahaux, parlementaire MR membre de la commission infrastructures (en charge du dossier Proximus), l'autonomie d'une entreprise publique comme Proximus doit être respectée. " Trop d'interférences du public, cela freinerait les évolutions technologiques ", estime-t-il. Il plaide tout de même pour une " redéfinition du rôle des administrateurs ". Ces derniers n'auraient, dans la situation actuelle, pas fait leur boulot de défense des intérêts de l'Etat. Encore faudrait-il que les administrateurs soient informés précisément de ce que l'Etat attend d'eux.