Il y a 50 ans, le premier Europalia, dédié à l'Italie, inaugurait en Belgique un type de festival extrêmement ambitieux par sa durée - plusieurs mois - mais aussi par la diversité des disciplines artistiques représentées. Au fil des décennies, Europalia s'est aussi progressivement " désembourgeoisé ", se mettant davantage au diapason des créations contemporaines ou de genres qualifiés de plus populaires. Il a aussi rajouté le d...

Il y a 50 ans, le premier Europalia, dédié à l'Italie, inaugurait en Belgique un type de festival extrêmement ambitieux par sa durée - plusieurs mois - mais aussi par la diversité des disciplines artistiques représentées. Au fil des décennies, Europalia s'est aussi progressivement " désembourgeoisé ", se mettant davantage au diapason des créations contemporaines ou de genres qualifiés de plus populaires. Il a aussi rajouté le durable à son programme, à savoir que la collaboration se poursuit après la fin du festival, entre l'institution et les artistes, dans un dialogue au-delà des frontières géopolitiques et du temps. Pour inaugurer l'exploration culturelle de la Roumanie (huit fois la taille de la Belgique, près de 20 millions d'habitants), le festival présente à Bozar le travail de Brancusi (1876-1957) dont c'est, étonnamment, la première rétrospective d'ampleur en Belgique. De ce sculpteur né dans la campagne roumaine profonde, on connaît surtout les bronzes polis, créations aux formes effilées ou davantage oblongues. Bien qu'elles flirtent avec l'abstraction, leur dynamique ne manque pas de suggérer des formes humaines ou animales. D'autant que l'artiste travaille sur le principe de la série où l'objet évolue, change, mute et, le plus souvent, s'apure. Comme l'une de ses plus fameuses sculptures, la Muse endormie, où une tête d'enfant finit par devenir un mystérieux objet ovoïde. Brancusi disait de ses pièces qu'elles exprimaient " des choses réelles qui ne soient pas la carcasse de ce que nous voyons, mais de ce que celle-ci nous cache ". C'est aussi le souffle d'un atelier remarquable et d'un travail photographique précieux. D'autres artistes, amis ou élèves, tels que Modigliani, Man Ray ou Marcel Duchamp sont également présents à Bozar. L'exposition s'accompagne pendant toute sa durée (les jeudis, vendredis et samedis) de performances imaginées par des danseurs et des chorégraphes. Nous reviendrons périodiquement sur la programmation d'Europalia 2019, qui se tient jusqu'au 2 février prochain.