Daté du 16e siècle, ce panneau pourrait avoir été peint par le célèbre artiste florentin ou à tout le moins, par un de ses disciples. Le cambrioleur était-il au courant ? Pour le prêtre et historien Jan Van Raemdonck, la chose ne fait aucun doute.

Longtemps reléguée au fond de cette église baroque dont les fondements remontent au 12e siècle, l'oeuvre a fini par intriguer l'ecclésiastique qui, au fil de ses recherches, découvre que son tableau ressemble étrangement à un dessin de Michel-Ange figurant dans la collection du duc de Portland et dont un élève, Marcello Venusti, a réalisé une demi-douzaine de copies. Enthousiasmé, le prêtre sollicite l'intervention de Maria Forcellino, la plus grande spécialiste du maître florentin, qui devait venir examiner l'oeuvre dans les prochains jours et entre-temps, lui fait une place de choix dans son église, la pare de fleurs et explique à ses paroissiens qu'elle pourrait avoir été peinte par Michel-Ange en personne. Si tel était le cas, la Sainte famille vaudrait " plusieurs centaines de millions d'euros ".

De quoi faire tourner la tête de plus d'un paroissien ? Sans doute. On ne dérobe pas seul un tableau de plus de 100 kilos, ni sans raison. L'église n'était pas protégée. Les malandrins n'ont eu qu'à forcer la porte de la sacristie et n'ayant pas laissé de traces, les enquêteurs ne savent à quel saint se vouer. Peut-être les caméras de surveillance placées dans les rues avoisinantes leur apporteront-elles un début de piste ?