A u resto de Train World, pendant le congé de Toussaint, les grands-parents et leurs petits-enfants squattent la plupart des tables. Des consommateurs de boulettes sauce tomate-frites, certes, mais qui confirment aussi l'intérêt transgéné-rationnel d'un musée qui ne dément pas son succès depuis son ouverture en septembre 2015. Au premier étage du vieux bâtiment - la gare d'origine - s'inst...

A u resto de Train World, pendant le congé de Toussaint, les grands-parents et leurs petits-enfants squattent la plupart des tables. Des consommateurs de boulettes sauce tomate-frites, certes, mais qui confirment aussi l'intérêt transgéné-rationnel d'un musée qui ne dément pas son succès depuis son ouverture en septembre 2015. Au premier étage du vieux bâtiment - la gare d'origine - s'installe une expo somme toute classique d'une trentaine de dessins et peintures de Paul Delvaux (1897-1994) autour de la thématique du train. L'artiste a vécu l'arrivée de la vapeur et puis celle de l'électricité, intégrant dans son univers si onirique la symbolique du train, éternel vecteur de voyage. L'espace est restreint, cosy. Et le regard sur ce moyen de transport phare de la révolution industrielle des 19e et 20e siècles, affûté. La seconde partie de l'événement Delvaux a pris place dans le bâtiment principal de Train World, succession de salles racontant comment la Belgique a épousé le rail au fil des décennies. Dans ce décor grandiose aussi par ses accointances sonores - superbe bande-son atmosphérique - se déploie le parcours à la fois biographique et visuel de Delvaux. De belles photos noir et blanc, un film documentaire et des résumés de vie rappellent la démarche d'un individualiste notoire, même s'il a tissé des liens proches avec le surréalisme. Dix-huit tableaux s'insèrent entre les locomotives, agissant comme un miroir placide et mystérieux face aux grosses machines, reflet poétique et inattendu. On y retrouve ses femmes dénudées comme celles du Dernier wagon ou de L'âge de fer, plongées dans des tonalités qui aiment le bleu nuit, le trompe-l'oeil et l'incongru décalé. Soit l'incarnation de l'ambiance générale de cette superbe expo, donnant forcément envie de prendre le train vers les grands espaces. Ou d'en voir encore plus sur le peintre via son écrin muséal, installé à Coxyde.