Voilà plusieurs mois que des rumeurs faisaient état des projets d'investissement dans le golf du fonds souverain d'Arabie saoudite. C'est désormais officialisé. En scellant un partenariat avec le circuit asiatique, LIV Golf Investments (nom donné à la nouvelle entité) a fait un premier pas très médiatique sur les greens. Et ce n'est qu'un début.
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Voilà plusieurs mois que des rumeurs faisaient état des projets d'investissement dans le golf du fonds souverain d'Arabie saoudite. C'est désormais officialisé. En scellant un partenariat avec le circuit asiatique, LIV Golf Investments (nom donné à la nouvelle entité) a fait un premier pas très médiatique sur les greens. Et ce n'est qu'un début. Les ambitions du groupe saoudien sont en effet gigantesques. Ce n'est pas un hasard s'il a nommé au poste de CEO l'ancien champion australien Greg Norman qui, en 1994, avait été le premier à proposer la création d'un circuit mondial. A l'époque, le concept avait été aimablement refusé par le PGA Tour américain, soucieux de conserver sa toute-puissance. Qu'en sera-t-il cette fois? Pour l'heure, il n'est question que de l'organisation d'une série de 10 tournois très richement dotés sur l'Asian Tour. Mais il est évident que les ambitions de LIV Golf Investments sont bien plus grandes avec, en toile de fond, la volonté - plus ou moins cachée - de lancer une véritable "Super Golf League" à l'échelle mondiale. A l'instar du Qatar, le royaume d'Arabie saoudite a décidé de faire du sport l'une de ses vitrines pour redorer son image. Et ses moyens sont illimités, ou presque. Les actifs du fonds souverain (Public Investment Fund), chers au prince héritier Mohammed ben Salmane, sont évalués à plus de 400 milliards d'euros. Il possède des parts dans des sociétés comme Tesla, Facebook et Boeing. Il vient de s'offrir le club anglais de football Newcastle. En investissant dans le golf (un sport très prisé par les décideurs aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne), il avance un nouveau pion sur l'échiquier diplomatico-sportif. Inutile de préciser que le dossier alimente bien des conversations dans les coulisses du golf professionnel mondial. Le nouvel arrivant veut, à l'évidence, commencer doucement mais il se chuchote déjà qu'il ambitionne, à terme, de programmer 25 tournois avec des dotations défiant la raison (on parle de 200 millions de dollars). Et, dans ce contexte, l'Asian Tour ne serait évidemment qu'une rampe de lancement! Pas besoin d'un dessin: le PGA Tour voit toujours d'un très mauvais oeil ce projet pharaonique. C'est pour cette raison, sans doute, qu'aucun des meilleurs joueurs du monde n'a osé à ce stade se prononcer en faveur du nouveau circuit. Mais il est évident que dans un sport où l'argent dicte sa loi et sert même de hiérarchie, ils devront tôt ou tard faire des choix. Et on peut évidemment compter sur un Greg Norman revanchard pour faire du lobbying...