Pour de nombreux Bruxellois aujourd'hui quinquagénaires, Stéphane Rutté reste associé de façon indélébile aux Jeux d'Hiver, ce club branché du Bois de La Cambre dont le concept fait encore fureur près de 30 ans après sa création. Il l'a créé avec deux amis alors qu'il n'avait pas encore terminé ses études d'ingénieur commercial à Solvay (ULB). Ce haut lieu de la nuit bruxelloise, Stéphane Rutté l'a dirigé avec ses deux associés pendant 13 ans.
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Pour de nombreux Bruxellois aujourd'hui quinquagénaires, Stéphane Rutté reste associé de façon indélébile aux Jeux d'Hiver, ce club branché du Bois de La Cambre dont le concept fait encore fureur près de 30 ans après sa création. Il l'a créé avec deux amis alors qu'il n'avait pas encore terminé ses études d'ingénieur commercial à Solvay (ULB). Ce haut lieu de la nuit bruxelloise, Stéphane Rutté l'a dirigé avec ses deux associés pendant 13 ans. " J'ai toujours eu la chance de pouvoir travailler dans le cadre de mes passions, explique Stéphane Rutté. A 20 ans, j'adorais faire la fête. Ceci dit, cela ne m'empêchait pas d'être un sportif de haut niveau. J'ai appartenu à l'élite belge de la natation en crawl et en dos. J'ai participé à la finale du championnat de Belgique de ces disciplines et j'ai même été sacré champion en relais. Je m'entraînais à la piscine de Strombeek-Bever et il fallait être mordu pour pouvoir suivre de tels programmes. Cette passion du sport m'habite d'ailleurs toujours aujourd'hui. " Pendant ses 13 années aux Jeux d'Hiver, Stéphane Rutté a mené de front une activité de conseils. En 1998, il a aussi lancé avec son ami, François Decarpentrie, le premier concept belge de sushis à emporter. " J'en étais dingue mais à l'époque, il n'était pas facile d'en déguster. Il fallait se rendre dans des restaurants japonais qui n'étaient pas toujours très agréables et souvent très chers. L'idée m'est donc venue de rendre les sushis accessibles à tous et nous avons lancé Sushi Factory, le premier service de ce genre en Belgique. Depuis, beaucoup d'autres ont suivi... " En 2002, il revend ses parts dans les Jeux d'Hiver et Sushi Factory et rejoint le Traiteur Loriers dont il va contribuer à doper l'expansion pendant près de neuf ans. Jusqu'au rachat par le groupe français GL Events. En février 2011, Stéphane Rutté prend alors la direction du club bruxellois du groupe David Lloyd. " J'en étais membre depuis l'ouverture en 2004. En fin de compte, j'ai retrouvé ici la synthèse de toutes mes passions : le sport, l'aspect social, la restauration, la fête et le management. J'ai toujours travaillé quand les autres s'amusaient. Métro, boulot, dodo : très peu pour moi. C'est amusant car je retrouve ici au David Lloyd le public de mes débuts. Ils ont vieilli comme moi et ont fondé une famille. Ils font beaucoup moins la fête mais beaucoup plus de sport ! Toute ma carrière a été guidée par l'envie d'être innovant et porteur. J'ai toujours adoré l'opérationnel en y ajoutant une solide dose d'esprit entrepreneurial. " Le David Lloyd de la drève de Lorraine à Uccle est l'un des plus grands clubs de sports et de loisirs européens. Vu sa situation et sa qualité, c'est l'un des joyaux du groupe fondé par David, star du tennis anglais avec son frère John, héros malheureux de la fameuse finale de la Coupe Davis en 1978. Ce joyau, Stéphane Rutté va le modeler à son image : social, convivial, familial et ouvert. " Je voulais redonner une vraie dynamique locale à la marque, et au club en particulier. Quand j'ai pris mes fonctions, le club était assez formel et réglementé. Ce n'était pas ma philosophie du tout. Je voulais mettre l'accent sur l'accueil, rendre le club plus simple, plus sympa et très orienté famille. La vie trépidante actuelle n'est pas simple pour la vie de famille. Nous leur proposons ici de passer du temps de qualité ensemble. Toute la famille est prise en charge et se retrouve au restaurant après avoir fait du sport et pris du plaisir. Contrairement aux autres clubs, de tennis notamment, les enfants ne sont pas majoritaires. Et c'est très bien ainsi car ce sont les parents qui entretiennent la vie d'un club. C'est ce que nous appelons chez David Lloyd, le clubiness. Essentiel pour développer une vraie culture. Vous trouvez ici un public de 7 à 77 ans qui vient picorer dans notre offre très large. Le club est complet depuis 2012. Nous ne faisons que renouveler les départs. Nous avons un turnover annuel de 23 %. Ce qui est très bas pour un club dans notre secteur. " Après avoir ouvert un deuxième club belge à Anvers en mai, le groupe David Lloyd se cherche une deuxième implantation bruxelloise. Ce n'est pas simple vu les standards de base nécessaires : au moins 1,5 ha dans une zone constructible affectée aux sports et aux loisirs. " Nous devons pouvoir construire sur 3.000 m2 au sol et sur deux niveaux, proposer un parking de 200 places, une piscine et des terrains de tennis extérieurs, etc. Et pour notre business model, nous ne pouvons entrer en compétition avec des zones immobilières traditionnelles. " On aurait pu penser que le Brabant wallon serait une cible de choix pour le groupe. " Nous avons réalisé des études mais la concentration est trop faible. Une bonne implantation nécessite 150.000 habitants d'un niveau plus aisé que la moyenne - mais pas l'élite - dans un rayon de 15 minutes en voiture. A la base, nous sommes issus du monde du tennis et nous voulons garder ce lien même si une majorité de nos membres n'y jouent pas. D'ailleurs, nombre de nos adresses sont des anciens clubs de tennis reconditionnés. Nous leur donnons une seconde chance. Nous ne sommes pas un groupe de fitness. C'est essentiel dans notre démarche. " A la fin de l'année dernière, le groupe a demandé à Stéphane Rutté de piloter l'expansion européenne du groupe. De 110 clubs aujourd'hui, David Lloyd Leisure - propriété désormais du fonds TDR - veut dépasser les 200 adresses d'ici 10 ans. Avec une volonté d'installer fortement la marque en dehors de la Grande-Bretagne. Stéphane Rutté a donc quitté la direction opérationnelle du club bruxellois pour devenir European acquisition manager. Un poste sur mesure pour celui dont le papa était originaire de la région d'Eupen et la maman allemande. " Cette offre était tout sauf une surprise dans la mesure où j'étais le manager du club le plus performant du groupe sans être britannique. A 50 ans, c'est un sérieux défi avec des objectifs très ambitieux. Ce plan est stratégique pour le groupe qui veut se développer notamment en Allemagne où ce genre de clubs est très rare, mais aussi en France, en Suisse, en Italie, en Espagne, etc. J'ai toujours regretté de n'avoir pu jusqu'ici travailler à l'étranger. Je n'ai donc pas hésité un seul instant. En outre, après six ans, il fallait que je sorte de ma zone de confort. Repartir de zéro, rebâtir un réseau, etc. Ce nouveau job me ramène dans l'univers de l'entrepreneuriat que j'aime tant. L'objectif est de faire de David Lloyd une vraie marque mondiale ! " XAVIER BEGHIN" J'ai retrouvé ici la synthèse de toutes mes passions : le sport, l'aspect social, la restauration, la fête et le management. "