Soucieuse d'orthodoxie budgétaire, la Flandre a toujours veillé à présenter des budgets en équilibre. Pour 2020, le gouvernement avait toutefois accepté un léger déficit - 436 millions d'euros - en raison du fléchissement de la conjoncture et de la montée en puissance du tax shift flamand en matière de fiscalité immobilière. Mais promis, juré : 2021 verrait un retour à l'éq...

Soucieuse d'orthodoxie budgétaire, la Flandre a toujours veillé à présenter des budgets en équilibre. Pour 2020, le gouvernement avait toutefois accepté un léger déficit - 436 millions d'euros - en raison du fléchissement de la conjoncture et de la montée en puissance du tax shift flamand en matière de fiscalité immobilière. Mais promis, juré : 2021 verrait un retour à l'équilibre. C'était compter sans l'actuelle pandémie qui a déjà coûté à la Flandre quelque 2,5 milliards d'euros en dépenses de santé, en financement du chômage technique pour le personnel et en octroi de primes de nuisance aux entreprises obligées de fermer leurs portes. Un malheur venant rarement seul, à côté des dépenses qui explosent, les recettes s'amenuisent. Le secteur immobilier est quasi totalement à l'arrêt de sorte que les droits perçus sur les ventes s'en ressentent, commente Mathias Diependaele, ministre des Finances et du Budget. Ces droits assurent à eux seuls 38% des recettes régionales estimées à 6,8 milliards pour l'année en cours. " Si l'on prend en compte tous les impôts régionaux, le manque à percevoir est de l'ordre du milliard d'euros, de sorte que tout additionné, nous nous acheminons vers un déficit de 4,14 milliards d'euros ", poursuit le ministre. Ce montant risque toutefois d'être rapidement dépassé. Pour établir son budget, le gouvernement flamand a en effet été obligé de se baser sur les chiffres avancés à l'époque par le gouvernement fédéral. Le Bureau du Plan tablait alors sur une progression de 1,1% de notre produit intérieur brut (PIB). Amené à revoir ses calculs en raison de l'actuelle pandémie, le Bureau du Plan pronostique aujourd'hui un recul de 8% de notre PIB sur base annuelle avec un repli de 15% au deuxième trimestre et une reprise au cours de la deuxième moitié de l'année, vigoureuse certes mais insuffisante pour compenser la perte initiale.