L'année 2018 a été particulièrement difficile pour de nombreux marchés émergents, souligne Cathy Hepworth, co-head emerging markets debt chez PGIM Fixed Income, avec une performance qui aura toutefois été sauvée par certains marchés frontières. " PGIM Fixed Income gère deux fonds de Nordea Asset Management sur la dette émergente : Nordea 1 - Emerging Market Bond Fund (centré sur les émissions en devises fortes par des Etats souverains ou quasi-souverains) et Nordea 1 - Emerging Markets Bond Opportunities (qui se diversifie davantage vers la dette en devises locales). Le premier est un des rares à afficher cinq étoiles chez Morningstar sur cette classe d'actifs.
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L'année 2018 a été particulièrement difficile pour de nombreux marchés émergents, souligne Cathy Hepworth, co-head emerging markets debt chez PGIM Fixed Income, avec une performance qui aura toutefois été sauvée par certains marchés frontières. " PGIM Fixed Income gère deux fonds de Nordea Asset Management sur la dette émergente : Nordea 1 - Emerging Market Bond Fund (centré sur les émissions en devises fortes par des Etats souverains ou quasi-souverains) et Nordea 1 - Emerging Markets Bond Opportunities (qui se diversifie davantage vers la dette en devises locales). Le premier est un des rares à afficher cinq étoiles chez Morningstar sur cette classe d'actifs. Cathy Hepworth est à la tête de ces stratégies depuis leur création en 1996, et supervise une équipe expérimentée (15 ans d'expérience en moyenne) de 30 personnes, avec des actifs sous gestion tournant autour de 60 milliards de dollars sur la dette émergente. " Le différentiel de croissance entre les pays émergents et les pays développés devrait repartir à la hausse en 2019 (de 2,4% vers 2,7%), ce qui devrait avoir un impact positif pour notre classe d'actifs. En outre, la stabilisation des prix des matières premières pourrait relâcher la pression sur plusieurs économies émergentes, de même qu'un affaiblissement du dollar américain. " " Les pays émergents laissent aujourd'hui leur devise encaisser les ajustements externes, au risque d'avoir une ou deux années difficiles ", confirme James Barrineau, c o-head CIO emerging markets debt chez Schroders et gestionnaire du fonds Schroders ISF Emerging Markets Bond. Le niveau des réserves s'est aujourd'hui stabilisé, et les rendements sont revenus vers des niveaux extrêmement attractifs. " Il est aujourd'hui peu probable que nous assistions à une nouvelle crise dans ces pays, qui ont pratiquement tous amélioré leur situation ces dernières années, explique James Barrineau. La dette émergente est aujourd'hui une des classes d'actifs les plus attractives au niveau global. En dépit des rendements élevés, une majorité des pays émetteurs émergents continue d'afficher une bonne qualité de crédit. Historiquement, les stratégies exposées sur les devises fortes ont démontré une performance significativement supérieure aux émissions en devises locales. Les investisseurs ne sont généralement pas prêts à encaisser la volatilité subie sur ce segment. C'est pourquoi nous privilégions la dette en devise forte, qui agit généralement comme un absorbeur de chocs lorsque le dollar américain se renforce. " Le dollar restera le principal facteur à surveiller durant les prochains mois. " La victoire des démocrates lors des élections de mi-mandat devrait mettre de côté une bonne partie des mesures susceptibles de renforcer le billet vert en 2019, ce qui constituera un environnement plus favorable pour cette classe d'actifs", conclut le gestionnaire de chez Schroders. " Notre stratégie d'investissement vise à avoir une grande flexibilité entre les émetteurs souverains et la dette d'entreprise, souligne pour sa part Charles de Quinsonas, gestionnaire du fonds M&G Emerging Markets Bond. Notre approche démarre toujours avec la sélection du pays, car nous n'investirons jamais sur un émetteur si nous n'avons pas confiance dans la politique menée au niveau du pays. Lorsqu'un pays fait banqueroute, la plupart des sociétés de ce pays font également défaut. Le choix entre la dette souveraine et la dette d'entreprise dépendra essentiellement du segment qui nous semble le plus attractif. " L'exposition actuelle du fonds géré par Charles de Quinsonas est positionnée au deux tiers sur des émissions en devise forte, le solde également investi sur des émissions souveraines en devises locales. " La guerre commerciale est là pour durer, ce qui aura un impact sur la croissance de la Chine et sur de nombreux autres pays du Sud-Est asiatique, raison pour laquelle nous sommes actuellement sous-pondérés sur cette région. " " L'Amérique latine constitue aujour-d'hui une alternative pour les exportations chinoises qui se dirigeaient autrefois vers les Etats-Unis, et cette région pourrait paradoxalement être un des vainqueurs de la guerre commerciale ", indique James Barrineau (Schroders). Un avis partagé par Cathy Hepworth, qui a relevé son exposition sur le Brésil depuis l'élection de Jair Bolsonaro à la tête de l'Etat. " Nous pensons qu'il pourrait surprendre favorablement les marchés au vu des personnes dont il s'est entouré, en particulier sur le problème des privatisations qui pourrait enfin recevoir un coup de pouce. " Et qui dit perspectives plus favorables pour le Brésil, dit également un contexte qui devrait se redresser pour l'Argentine. " Si les élections de 2019 débouchent sur une équipe qui va pousser le programme de réformes, nous pourrions assister à un important ajustement des comptes courants, ce qui mettrait enfin le pays sur de bonnes voies. " Cathy Hepworth se montre par contre plus prudente sur les perspectives du marché mexicain, où le nouveau président semble être enclin à rajouter une bonne dose d'incertitude dans les décisions publiques, en soumettant certaines décisions d'investissement à des référendums peu représentatifs. James Barrineau (Schroders) estime également qu'il est aujourd'hui préférable d'éviter le Mexique, et souligne qu'il sera difficile à l'équipe dirigeante de maintenir le contrôle sur les finances publiques durant les prochains trimestres. L'Afrique du Sud fait également face à des problèmes structurels, notamment un manque de croissance exacerbé par le ralentissement économique global. Pour Charles de Quinsonas (M&G), la dette mexicaine " s'est revalorisée de manière significative durant les dernières semaines, alors que nous ne nous attendons pas à un défaut à court ou moyen terme. Elle constitue aujourd'hui une opportunité ". Le gestionnaire estime à l'inverse que la dette brésilienne est aujourd'hui " valorisée à la perfection ", alors qu'il doute pour sa part que Jair Bolsonaro sera en mesure de faire passer la réforme sur les pensions. " Il y aura probablement une opportunité de modifier l'exposition du Brésil vers le Mexique durant les prochains mois. " Enfin, Cathy Hepworth opte également pour une légère surpondération sur la dette russe. " La valorisation est attractive, mais les incertitudes restent grandes, notamment si le pays devait se voir imposer de nouvelles sanctions en 2019. Jusqu'ici, le pays a toutefois été en position d'atténuer fortement l'impact des mesures imposées par le passé, et la banque centrale continue de mener une politique crédible. " Par contre, la gestionnaire de PGIM Fixed Income se montre moins optimiste sur les pays d'Europe centrale, et estime que " les risques pourraient ne pas encore avoir été totalement intégrés dans les cours ". Quant à la Chine, Cathy Hepworth estime que la dette du pays devrait encore augmenter en 2019, mais que celle-ci reste en grande partie détenue en interne. " L'inclusion de la Chine dans les grands indices obligataires internationaux va toutefois forcer plus de gestionnaires à devoir prendre en compte la dette chinoise dans leur allocation, ce qui devrait entraîner des flux financiers vers cette classe d'actifs. A l'heure actuelle, nous restons toutefois sous-pondérés sur la plupart des grandes entreprises publiques du pays. "