Entendre un manager parler d'amour dans son entreprise n'est pas vraiment courant. Il est pourtant comme cela, Salvatore Curaba, le fondateur et CEO de la firme informatique EASI : il n'a pas peur de dire qu'il " aime " ses employés et ses directeurs. Il faut dire que l'homme est plutôt atypique. Ce passionné de football a en effet lâché, au milieu des années 1980, une carrière de joueur professionnel pour se lancer dans le business... Puis il a quitté un poste de directeur général d'une entreprise informatique de 100 personnes pour fonder sa propre société, EASI, qu'il dirige toujours aujourd'hui et qui rencontre un vif succès. Avec ses deux sites en Wallonie et ses deux autres en Flandre, EASI est un groupe riche de quelque 210 personnes, actif dans toute la Belgique, au Luxembourg. Il génère un chiffre d'affaires de 35 millions d'euros et dégage un profit de 6 millions. Son activité ? Un logiciel comptable, des outils CRM et du cloud informatique.
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Entendre un manager parler d'amour dans son entreprise n'est pas vraiment courant. Il est pourtant comme cela, Salvatore Curaba, le fondateur et CEO de la firme informatique EASI : il n'a pas peur de dire qu'il " aime " ses employés et ses directeurs. Il faut dire que l'homme est plutôt atypique. Ce passionné de football a en effet lâché, au milieu des années 1980, une carrière de joueur professionnel pour se lancer dans le business... Puis il a quitté un poste de directeur général d'une entreprise informatique de 100 personnes pour fonder sa propre société, EASI, qu'il dirige toujours aujourd'hui et qui rencontre un vif succès. Avec ses deux sites en Wallonie et ses deux autres en Flandre, EASI est un groupe riche de quelque 210 personnes, actif dans toute la Belgique, au Luxembourg. Il génère un chiffre d'affaires de 35 millions d'euros et dégage un profit de 6 millions. Son activité ? Un logiciel comptable, des outils CRM et du cloud informatique. Et bien qu'il porte toujours le titre de CEO, Salvatore Curaba avoue qu'il n'est plus très actif chez EASI. " J'ai confié tout l'opérationnel à mes directeurs, confie-t-il. C'est eux qui décident d'absolument tout, y compris les acquisitions que réalise EASI. Je reste présent tous les jours, à disposition, mais je n'interviens plus dans tout. Je me vois d'ailleurs plus comme un chief inspirational officer que comme un CEO au sens classique du terme. " Car Salvatore Curaba a une vision très atypique de son travail. Pour lui, " si le manager doit encore faire quelque chose, c'est peut-être qu'il n'est pas bon ", ose-t-il avancer. En outre, à ses yeux, le manager ne doit pas être à la tête de son entreprise " mais au service de celle-ci. Un vrai leader forme des leaders : s'il reste devant, il n'a avec lui que des suiveurs. J'ai pleinement confiance dans le comité de direction que j'ai mis en place et qui est constitué, pour beaucoup, de personnes que j'ai recrutées au début de leur carrière". Pour en arriver là, Salvatore Curaba a, depuis des années, ouvert le capital d'EASI et permis à ses collaborateurs, sous certaines conditions, d'acquérir des parts de la société. Aujourd'hui, il n'en détiendrait désormais lui-même qu'un peu plus de 60 %, le reste étant dans les mains de ses employés. " Un sur quatre est actionnaire, environ ", se satisfait-il. De quoi les inciter à garantir le succès et la pérennité de la société. Il ne craint, d'ailleurs, pas de perdre la majorité de l'entreprise dès l'année prochaine. Reste que s'il est idéaliste, Salvatore Curaba sait que rien n'est simple : " au quotidien, il y a du stress, des clients parfois mécontents, des défis à relever, admet-il. C'est pour cela qu'il faut s'occuper du bonheur des collaborateurs". Et pas seulement via l'actionnariat : en leur fournissant le meilleur matériel possible, en leur facilitant la vie ou en organisant un certain nombre d'événements en interne. Mais, surtout, " en leur donnant beaucoup de reconnaissance, de confiance et du sens ". Cette méthode, le CEO l'applique de la même manière dans " deux secteurs humains difficiles " : il a relancé le club de foot emblématique de sa région, rebaptisé RAAL La Louvière, qui possède pas moins de 253 actionnaires, et investi dans une brasserie-restaurant en plein centre-ville qui ouvrira en novembre. " Mon rêve, glisse-t-il, c'est que ce modèle soit répliqué ailleurs en Belgique ". Raison pour laquelle il vient de publier un livre regroupant les recettes de la méthode Curaba. Son titre ? On m'a pris pour un fou.