"Par le biais d'assemblages motorisés, d'aphorismes cryptés ou d'oeuvres performatives, Johan Muyle réalise des allégories énigmatiques qui nous interpellent sur l'état du monde et ses contradictions. " Voilà ce qu'écrit doctement Denis Gielen, directeur du MAC's, dans le catalogue de présentation de No Room For Regrets, la large rétrospective consacrée à l'artiste belge, né en 1956 à Charleroi. Large au sens logistique puisque rarement les salles du MAC's...

"Par le biais d'assemblages motorisés, d'aphorismes cryptés ou d'oeuvres performatives, Johan Muyle réalise des allégories énigmatiques qui nous interpellent sur l'état du monde et ses contradictions. " Voilà ce qu'écrit doctement Denis Gielen, directeur du MAC's, dans le catalogue de présentation de No Room For Regrets, la large rétrospective consacrée à l'artiste belge, né en 1956 à Charleroi. Large au sens logistique puisque rarement les salles du MAC's auront connu un tel chantier: pluies réelles et généreuses faisant face à une projection de Singing In The Rain, circuit de plusieurs mètres permettant à trois mannequins de circuler et, last but not least, une véritable arène que le visiteur est prié de traverser. Pour y croiser dans cette dernière un rhinocéros grandeur nature monté sur roues et susceptible de bouger à tout instant, et y apercevoir un portrait de Baudouin Ier accroché au mur. Cette installation est typiquement muylienne puisque son titre, L'impossibilité de régner, fait allusion à ce moment de l'histoire belge où le roi Baudouin se mit dans l'impossibilité d'accomplir son devoir pendant 24 heures. Il y a donc du politique et du ludique dans les objets superposés de Muyle (peintures, bricolages sophistiqués, oeuvres mouvantes), tout comme une importante présence animalière. Reflet d'une fraternité complice entre les espèces? A 180 degrés de cette démarche un rien cryptée, toujours sur le site du Grand-Hornu, le CID (Centre d'innovation et de design) présente Plant Fever. L'idée majeure de cette petite expo est de reconsidérer les plantes, au-delà de leurs ressources usuelles ou de leur statut décoratif. Via de nouvelles découvertes scientifiques, les designers se sont mis à explorer la matière verte dans la confection d'objets aussi différents que des chaussures, des vêtements ou des meubles, comme cette extraordinaire chaise confectionnée avec des...artichauts. Le tout en abordant les techniques les plus contemporaines, comme la phytoremédiation, un processus naturel permettant d'absorber les métaux lourds des sols pollués. A ne pas manquer d'ici le 14 février. Un seul ticket donne accès à l'ensemble des expositions du Grand-Hornu.