Comme pour toute entreprise technologique qui fait parler d'elle, les rumeurs d'IPO (Initial Public Offering) ont été nombreuses autour d'Uber. Dès 2015, certains observateurs se demandaient quand la firme de transport, lourdement financée, allait rejoindre Wall Street.
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Comme pour toute entreprise technologique qui fait parler d'elle, les rumeurs d'IPO (Initial Public Offering) ont été nombreuses autour d'Uber. Dès 2015, certains observateurs se demandaient quand la firme de transport, lourdement financée, allait rejoindre Wall Street. Il aura fallu attendre le départ de son emblématique - et non moins controversé - patron, Tarvis Kalanick, pour obtenir une réponse. Elle vient de la bouche de son successeur, le fraîchement nommé Dara Khosrowshahi, ancien CEO d'Expedia. Quelques jours seulement après avoir accepté le poste de CEO, l'homme s'est fendu d'un commentaire clair : Uber sera introduit en Bourse dans les 18 à 36 mois. Ce qui laisse du temps aux marchés. Enormément de temps. Cet horizon, entre 1,5 et 3 ans, doit permettre au nouveau boss d'Uber d'habiller la mariée. Dans un premier temps, il va devoir redorer l'image de marque de la firme, écornée ces derniers mois par des scandales à répétitions (sexisme, harcèlement, etc.). Ensuite, il va devoir afficher des comptes plus solides. Si le nombre de courses de la firme a bondi de 150 % au dernier trimestre, Uber enregistrait au même moment une perte de 645 millions de dollars pour un chiffre d'affaires trimestriel de 1,75 milliard. Pas encore de quoi séduire les marchés... Sans compter qu'Uber fait face à la montée en puissance des concurrents, asiatiques notamment. Le chinois Didi Chuxing s'est associé en Asie avec Grab (particulièrement puissant en Asie du Sud-Est) pour contrer le géant américain. Ce dernier avait d'ailleurs jeté l'éponge sur le marché chinois en acceptant de fusionner ses activités avec Didi, dans lequel il a pris une participation minoritaire. Une opération qu'Uber a dû réitérer tout récemment en Russie, où il a été amené à fusionner ses activités avec celles de son rival Yandex. Bref, malgré son impressionnante valorisation, Uber doit encore faire ses preuves. Et visiblement, le nouveau boss se laisse " un peu " de temps pour y parvenir. Christophe Charlot