La semaine dernière, la règle d'obligation du télétravail a été assouplie par le comité de concertation: le retour en présentiel au bureau est autorisé depuis ce 9 juin, à raison d'un petit jour par semaine. Si tous les indicateurs restent au vert, le télétravail ne devrait même plus être obligatoire à partir du 1er juillet mais seulement recommandé pour tous les travailleurs dont la fonction le permet.
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La semaine dernière, la règle d'obligation du télétravail a été assouplie par le comité de concertation: le retour en présentiel au bureau est autorisé depuis ce 9 juin, à raison d'un petit jour par semaine. Si tous les indicateurs restent au vert, le télétravail ne devrait même plus être obligatoire à partir du 1er juillet mais seulement recommandé pour tous les travailleurs dont la fonction le permet. Prévisible, le retour au bureau se dessine donc doucement pour de nombreux salariés, même s'il semble évident que la plupart des entreprises devront s'adapter au "monde d'après" et proposer le télétravail comme l'une des options prioritaires du nouvel univers professionnel. Dans un nouveau numéro de Regards économiques, la revue scientifique de l'UCLouvain, trois experts (un économiste, une psychologue et un professeur de management) ont justement croisé leurs analyses pour jeter les bases d'une "compréhension multidisciplinaire du télétravail" présent et à venir. De leurs échanges nourris, il ressort plusieurs recommandations à l'attention des managers et des travailleurs. Selon les auteurs, la pratique du télétravail est à la fois source de satisfaction (autonomie, flexibilité, etc.) et d'inconfort (ergonomie, conflit privé-professionnel, etc.). Les employeurs doivent donc formaliser la possibilité de télétravail dans des accords collectifs négociés et surtout permettre à leurs salariés d'être dans de bonnes conditions de travail à domicile, a fortiori si le télétravail fait l'objet d'une politique de gestion des ressources humaines. Le travail exclusivement à domicile n'est toutefois pas le modèle idéal. Dans Regards économiques, on apprend en effet que l'accroissement de la productivité dû à la pratique du télétravail est en effet lié à sa fréquence: au-delà de deux jours par semaine ou de 50% du temps de travail, l'impact sur la productivité s'atténue. Un juste équilibre domicile-entreprise est donc nécessaire. Parmi les nombreux autres enseignements de l'étude, on retiendra enfin que les politiques publiques doivent d'urgence proposer de nouvelles solutions de mobilité aux travailleurs afin de faciliter leur accès aux centres urbains: les problèmes de déplacement sont en effet le premier facteur de choix des salariés pour le télétravail.