Si, dans l'imaginaire collectif, il y a un métier considéré comme ultra bien payé et nécessitant des compétences particulières, c'est bien celui de trader en actions. Mais cette fonction pourrait bien disparaître bientôt du monde de la finance. En quelques années, 3.000 postes de traders ont disparu. Goldman Sachs, la banque d'affaires la plus influente au monde, a reconnu qu'elle n'emploie plus que deux traders, au lieu de 600 à u...

Si, dans l'imaginaire collectif, il y a un métier considéré comme ultra bien payé et nécessitant des compétences particulières, c'est bien celui de trader en actions. Mais cette fonction pourrait bien disparaître bientôt du monde de la finance. En quelques années, 3.000 postes de traders ont disparu. Goldman Sachs, la banque d'affaires la plus influente au monde, a reconnu qu'elle n'emploie plus que deux traders, au lieu de 600 à une époque pas si lointaine. Que le " premier de classe " ne croie plus au trading humain et remplace tous ses traders par des robots a choqué pas mal de banquiers, selon le journal Les Echos. Pour les banques d'investissement, le premier poste de coûts, c'est celui de traders, et elles aussi souffrent de la concurrence et de la baisse de leurs marges. Les traders humains sont donc progressivement remplacés par des algorithmes ou des ingénieurs informaticiens qui, eux, ne coûtent pas 600.000 dollars par an en moyenne, mais jusqu'à cinq fois moins. Les traders nerveux, stressés que l'on voit dans les films qui se déroulent à Wall Street, appartiendront bientôt au passé. Il faut dire que les banques d'investissement classiques sont attaquées par de nouveaux concurrents qui n'ont pas d'infrastructure, donc pas de coûts historiques et des marges plus élevées. Et cela ne se limite pas aux traders. Prenez le cas des analystes financiers qui suivent des actions. Dans cinq ans probablement, on n'aura plus besoin d'eux. Interviewé par le New York Times, Daniel Nadler, un concepteur de logiciels financiers, a effectué une simulation en quelques minutes seulement pour déterminer l'impact des événe- ments en Syrie sur les Bourses. La même recherche aurait pris plusieurs jours par des analystes payés entre 350 et 500.000 dollars par an. Même une introduction en Bourse pourrait être réalisée par des algorithmes qui identifieraient les 146 étapes clés de l'introduction et tiendraient compte des législations. Le jour J, le client n'aurait plus qu'à pousser sur le bouton pour lancer le processus. En résumé, le nombre de salariés dans les banques et les services financiers va sans doute diminuer de moitié d'ici quelques années. AMID FALJAOUI