La culture sauvera t-elle la Wallonie ? On évitera de répondre à cette impossible question. Par contre, les actuelles expos dans les deux musées principaux de La Louvière s'avèrent épatantes. Keramis a peut-être un droit de préséance par son architecture inhabituelle. Pour rappel, le bâtiment inauguré en 2015 a été construit autour des anciens fours historiques de la faïencerie Royal Boch. C'est beau, bétonné, respirable ...

La culture sauvera t-elle la Wallonie ? On évitera de répondre à cette impossible question. Par contre, les actuelles expos dans les deux musées principaux de La Louvière s'avèrent épatantes. Keramis a peut-être un droit de préséance par son architecture inhabituelle. Pour rappel, le bâtiment inauguré en 2015 a été construit autour des anciens fours historiques de la faïencerie Royal Boch. C'est beau, bétonné, respirable et un peu chic, avec un vaste bar/resto comme il y en a peu dans les musées wallons. Outre les étonnantes collections perma-nentes - qui intrigueront même ceux que le sujet a priori n'intéresse pas - l'actu donne du champ au Chinois Bai Ming. Cet artiste est né en 1965 à une centaine de kilomètres des anciennes manufactures impériales de porcelaine de Jingdezhen et son ADN a dû en retenir quelque chose. Revisitant la céramique chinoise, il présente à la fois des pièces quasi classiques, comme les imposants vases semblant sortir de la nuit des temps, et des fresques d'une matière brute contemporaine. C'est seyant, inventif et d'une beauté sans âge. A cinq minutes de voiture de là, le Centre de la gravure et de l'image imprimée présente le travail de l'Américaine Kiki Smith, née en 1954 en Allemagne. Outre l'une ou l'autre sculpture qui réalise en 3D les fantasmes de cette femme interrogeant abondamment les questions de sexe et de genre, il est surtout question de papier, de dessin, de peinture, de texture et de matière que Smith travaille avec un maximum de tact et de poésie imaginative. Et d'une éventuelle provocation. Celle-ci ne semble jamais gratuite puisque les oeuvres de différents formats et supports dégagent toujours plus d'humanité que de misanthropie ou de vulgarité. Via les tableaux de modeste taille ou les fresques grand format, le talent sombre de Smith palpite : de New York à La Louvière. Un bémol ? Que les deux musées concernés ne se soient pas mis d'accord pour un billet d'entrée duo, même si à sept euros la visite, Keramis et le Centre de la gravure, restent vraiment d'un excellent rapport qualité/prix.