Il l'a fait ! En remportant à 43 ans le quinzième tournoi du Grand Chelem et le cinquième Masters de sa carrière, Tiger Woods a signé l'un des plus grands exploits de l'histoire du golf et parachevé, de la plus belle façon, un incroyable come-back. De son propre aveu, il y a deux ans à peine, le " Tigre " n'était pas sûr de rejouer un jour au plus haut niveau. Usé par un mal récurrent au dos, il était déjà content de pouvoir marcher. C'est une intervention chirurgicale de la dernière chance qui lui a permis de reprendre le chemin des fairways. Oui, Tiger en a ba...

Il l'a fait ! En remportant à 43 ans le quinzième tournoi du Grand Chelem et le cinquième Masters de sa carrière, Tiger Woods a signé l'un des plus grands exploits de l'histoire du golf et parachevé, de la plus belle façon, un incroyable come-back. De son propre aveu, il y a deux ans à peine, le " Tigre " n'était pas sûr de rejouer un jour au plus haut niveau. Usé par un mal récurrent au dos, il était déjà content de pouvoir marcher. C'est une intervention chirurgicale de la dernière chance qui lui a permis de reprendre le chemin des fairways. Oui, Tiger en a bavé. " Mais même dans les pires moments, j'y ai toujours cru ", sourit-il aujourd'hui. En s'adjugeant ce Masters 2019, l'icône du swing mondial a sans doute écrit le plus beau chapitre de son histoire personnelle. Ce succès mémorable récompense à la fois son talent, sa persévérance et, surtout, son courage. Après un début de carrière phénoménal (14 Majors remportés entre 1997 et 2008), le prodige américain était lourdement tombé de son piédestal, victime à la fois de déboires personnels et de plusieurs blessures au dos et aux genoux. Un moment dépressif, il semblait à la dérive. Personne n'a oublié les images pathétiques de son arrestation par la police sur une route de Floride en août 2017. Le regard hagard, il était incapable d'aligner deux mots à la suite l'un de l'autre. On redouta un moment qu'il fût sous l'effet d'alcool ou de drogue. L'enquête décréta qu'il était juste sous l'emprise d'antidépresseurs et classa l'affaire. C'était le signal d'un nouveau départ. Le début de la reconquête. L'an passé déjà, tout requinqué, Tiger avait affiché haut et fort ses ambitions. Il avait lutté pour la victoire lors du British Open et de l'USPGA. Il avait remporté ensuite le Tour Championship à Atlanta. Mais ce sacre au Masters - le tournoi le plus prestigieux de l'année - revêt évidemment une tout autre dimension. D'autant qu'il a été scellé au terme d'un improbable suspense et d'une lutte homérique avec Francesco Molinari, son bourreau de la dernière Ryder Cup. Sous pression, l'Italien - qui marchait sur l'eau jusque-là - concéda deux double bogeys sur les trous n°12 et 15. Woods, imperturbable, en profita pour prendre le large et résista ensuite aux retours de Brooks Koepka et Xander Schauffele. Du grand art. De coutume si introverti, le héros laissa exceptionnellement éclater sa joie, porté par une ambiance de folie collective. En 1997, après son premier triomphe à Augusta, il était tombé dans les bras de son père. Cette fois, c'est avec sa maman et ses enfants qu'il a partagé ce moment magique. Et on le sentait plus ému que jamais. " C'est un peu comme si la boucle était bouclée ", confiait-il en revêtissant la cinquième green jacket de sa fabuleuse carrière. Quelque chose nous dit cependant qu'il n'a pas encore dit son dernier mot...