En 2016, Thomas Pieters, jeune professionnel sûr de lui, ne masquait pas ses ambitions. "Je veux devenir n° 1 mondial", répétait-il à chaque interview. Certains avaient trouvé ces propos, inhabituels dans la bouche d'un sportif belge, teintés d'un zeste d'arrogance. Mais peut-on reprocher à un champion de viser le sommet? "Je suis passé par la filière universitaire américaine où l'on cultive inlassablement le winning spirit. C'est dans mon ADN", répondait le joueur anversois.
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En 2016, Thomas Pieters, jeune professionnel sûr de lui, ne masquait pas ses ambitions. "Je veux devenir n° 1 mondial", répétait-il à chaque interview. Certains avaient trouvé ces propos, inhabituels dans la bouche d'un sportif belge, teintés d'un zeste d'arrogance. Mais peut-on reprocher à un champion de viser le sommet? "Je suis passé par la filière universitaire américaine où l'on cultive inlassablement le winning spirit. C'est dans mon ADN", répondait le joueur anversois. En remportant dimanche dernier l'Abu Dhabi Championship, l'un des tournois les plus importants de l'année sur le DP World Tour, le champion belge a rappelé qu'il avait bel et bien l'étoffe des plus grands et qu'il pouvait effectivement aspirer au plus haut destin. Solide dans tous les secteurs du jeu, concentré, bien dans sa tête, il a signé un vrai sans-faute, même lorsque le vent du désert s'est levé sur le parcours Yas Link. On connaît de longue date l'immense talent du prodige belge de 29 ans. Faut-il rappeler qu'il avait commencé sa carrière sur les chapeaux de roues en participant à la Ryder Cup de 2016 et en terminant quatrième du Masters en 2017? Faut-il rappeler qu'avant son sacre d'Abou Dhabi, il avait gagné cinq titres (Tchéquie 2015 et 2019, KLM Open 2015, Open du Danemark 2016 et Portugal Masters 2021) sur l'European Tour? Mais il est évident que ce premier couronnement dans un Rolex Serie le fait entrer dans une autre dimension. A nouveau membre à part entière du top 50 mondial (il pointe désormais à la 31e place), il va pouvoir bénéficier d'un accès automatique à tous les grands tournois, y compris pour le prochain Masters d'Augusta. C'est dire s'il aura de bons coups à jouer. Le nouveau Pieters, bien plus mature et calme, a en effet toutes les armes pour grimper encore de nouveaux paliers. Là où durant plusieurs années, il affichait une grande nervosité sur les parcours, allant jusqu'à casser ses clubs après de mauvais coups, il est aujourd'hui bien plus serein et apaisé. Un peu comme si ses responsabilités de jeune papa l'avait métamorphosé. On le sent bien dans sa peau et en pleine confiance. La façon dont il a géré ses émotions lors du dernier tour à Abou Dhabi est, à ce titre, riche en enseignements. Jamais il ne s'est énervé, jamais il n'a laissé filtrer le moindre agacement. Il était à la fois dans sa bulle et dans son swing. Et tous ses adversaires directs (de l'Ecossais Scott Jamieson à l'Espagnol Rafael Cabrera Bello en passant par le Norvégien Viktor Hövland) ont fini par céder. Oui, ce Thomas Pieters-là a franchi un cap très important et semble fin prêt pour entamer la deuxième phase de sa carrière. Avec - qui sait? - cette place de number one au bout de la route!