Après trois années successives de rendements négatifs, les investisseurs en argent ont enfin retrouvé une raison de se réjouir en 2016. Le prix du métal précieux le moins cher a progressé de près de 16 % (en dollar) l'an dernier. En euro, le rendement est encore supérieur de quelques pour cent. L'argent a fait ainsi mieux que l'or, dont la hausse n'a pas dépassé 8,5 %.
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Après trois années successives de rendements négatifs, les investisseurs en argent ont enfin retrouvé une raison de se réjouir en 2016. Le prix du métal précieux le moins cher a progressé de près de 16 % (en dollar) l'an dernier. En euro, le rendement est encore supérieur de quelques pour cent. L'argent a fait ainsi mieux que l'or, dont la hausse n'a pas dépassé 8,5 %. Dans la foulée du vote en faveur du Brexit, l'or du pauvre (l'argent) a franchi le cap des 20 dollars l'été dernier pour la première fois depuis 2014. Mais le deuxième trimestre fut moins favorable, et le métal gris a abandonné une grande partie des gains accumulés. Pour l'instant, le canevas est identique en 2017. En deux mois, l'argent a déjà égalé sa performance de l'an dernier. Mais malgré sa récente ascension, il se négocie toujours 65 % sous son niveau record de 2011 (50 dollars). L'argent est certes un métal précieux, mais il emprunte aussi certaines caractéristiques des métaux industriels. Les applications industrielles représentent plus de la moitié de la consommation mondiale d'argent. Le cuivre, le zinc, le minerai de fer, l'acier et d'autres métaux ont nettement enchéri durant le rallye consécutif à la victoire de Donald Trump. L'argent a embrayé avec un peu de retard, ce qui peut expliquer sa récente surperformance par rapport à l'or. Selon la Silver Market Review publiée en novembre par l'agence de recherche Gold Fields Mineral Services (GFMS), 2016 fut la quatrième année successive de déficit pour l'argent. Avec 52,2 millions d'onces, l'écart entre l'offre et la demande n'avait cependant jamais été aussi faible depuis 2012. Selon GFMS, la production minière s'est établie 1 % sous son niveau record de 2015 l'an dernier. En raison des cours très bas, l'offre d'argent recyclé a également légèrement baissé. Du côté de la demande, la consommation d'argent par le secteur photovoltaïque (PV) a progressé de 11 %, à un niveau record de 83,3 millions d'onces l'an dernier. Cette industrie prend à son compte un peu plus de 14 % (ou un septième) de la consommation totale d'argent. Il y a dix ans, ce n'était encore que 1 %. Et GFMS s'attend à ce que le secteur PV en consomme de plus en plus au cours des mois à venir. Dans un environnement économique de reprise de l'inflation, il y a de fortes chances que la tendance reste orientée à la hausse sur le marché de l'or et de l'argent cette année. Il est possible d'en profiter en achetant de l'argent physique (préférez les pièces aux lingots, sans quoi vous paierez la TVA ! ) ou en investissant dans l'iShares Silver Trust (ticker : SLV).