Soucieux de ne pas ouvrir deux fronts commerciaux en même temps, Donald Trump, comme le lui permet la législation américaine, a décidé de profiter des 180 jours de réflexion autorisés avant d'imposer ou non des droits de douane supplémentaires sur l'importation de véhicules et de pièces automobiles détachées. Cette décision était attendue compte tenu de l'ampleur du conf...

Soucieux de ne pas ouvrir deux fronts commerciaux en même temps, Donald Trump, comme le lui permet la législation américaine, a décidé de profiter des 180 jours de réflexion autorisés avant d'imposer ou non des droits de douane supplémentaires sur l'importation de véhicules et de pièces automobiles détachées. Cette décision était attendue compte tenu de l'ampleur du conflit avec la Chine. Au passage, le président américain a confirmé - et ce n'est pas une bonne nouvelle - qu'il était d'accord avec les conclusions de l'étude du département du Commerce qui stipule que la sécurité nationale des Etats-Unis est mise à mal par les importations excessives de véhicules et équipements étrangers. En vertu de l'article 232 de la législation commerciale américaine, le président peut alors les limiter à sa guise... Les 180 jours doivent être utilisés pour poursuivre les négociations avec l'Europe et le Japon. Des discussions qui, du côté européen, s'annoncent compliquées pour plusieurs raisons. D'une part, les élections de ce dimanche risquent de modifier le visage de la Commission européenne mais aussi d'entraîner un retard. D'autre part, les Américains, par la voix de Bob Lightizer, l'envoyé spécial du président, souhaitent y aborder d'autres sujets que l'automobile. Comme, par exemple, l'accès au marché agricole européen ou les aides publiques à Airbus. Des sujets extrêmement sensibles. Depuis son élection en 2016, Donald Trump fait preuve d'un protectionnisme exacerbé. Parfois en totale opposition avec ceux qu'il désire protéger. Ainsi, les géants américains du secteur auto, Ford et General Motors en tête, sont totalement opposés à des droits de douane supplémentaires. D'une part, ils utilisent énormément de composants étrangers dans leur production. D'autre part, ils craignent des mesures de rétorsion qui affecteraient leurs ventes en Europe.