Preuve supplémentaire de la faiblesse du secteur bancaire italien, la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé la nomination de trois administrateurs temporaires à tête de la banque génoise Carige. L'objectif est de sauver de la faillite l'un des derniers fleurons d...

Preuve supplémentaire de la faiblesse du secteur bancaire italien, la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé la nomination de trois administrateurs temporaires à tête de la banque génoise Carige. L'objectif est de sauver de la faillite l'un des derniers fleurons du système bancaire régional de la péninsule, après le sauvetage financé par l'Etat ( bail-out, renflouement externe) de Monte dei Paschi di Siena en 2016 et celui de deux petites banques de Vénétie par Intesa Sanpaolo en 2017. Intervenant après une tentative de recapitalisation qui a échoué, le remplacement manu militari par la BCE des gestionnaires de Carige est une première dans l'Union bancaire. Même si comme le précise Eric Dor, professeur à l'IESEG de Lille, " d'autres aspects de la directive BRRD (pour Bank recovery and resolution directive), qui encadre le sauvetage des banques depuis le 1er janvier 2017, ont déjà été mis en application ". Le cas le plus emblématique étant la mise en résolution autoritaire par la BCE de l'enseigne espagnole Banco Popular. Sans oublier la petite banque autrichienne Heta, bad bank (structure de défaisance) du groupe Hypo Alpe Adria, qui avait essuyé les plâtres en 2016. Reste maintenant à voir si les experts dépêchés par la BCE réussiront à sauver - et surtout comment - la moins bien capitalisée des banques italiennes.