Gioachino Rossini (1792-1868) est né dans ce qui était alors les Etats pontificaux, pour mourir dans le Paris de l'Empire français. Ainsi s'en est-il allé de sa musique, voyageuse entre plusieurs mondes : le côté f...

Gioachino Rossini (1792-1868) est né dans ce qui était alors les Etats pontificaux, pour mourir dans le Paris de l'Empire français. Ainsi s'en est-il allé de sa musique, voyageuse entre plusieurs mondes : le côté farce-comédie de cet amateur de table et de chair, occultant parfois la densité d'une musique visant aussi l'absolu. L'Opéra royal de Wallonie donne l'occasion de tester davantage une face moins connue du compositeur du Barbier de Séville via trois oeuvres, à commencer par La donna del lago (du 5 au 15 mai), trois heures de ce qui fût l'un des premiers opéras qualifiés de romantique, sis dans une Ecosse mystérieuse soumise aux rivalités patriotiques. Une seule représentation seulement (le 12 mai) pour le Stabat Mater, où Rossini use des techniques pointues de l'écriture pour livrer un impeccable bel canto. Reste donc la Messa di Gloria, impressionnante pièce de musique sacrée poussée à la luxuriance par une habileté polyphonique dont la partition ne fut pas retrouvée avant la fin de la Seconde Guerre mondiale (les 25 et 26 mai).