En mars de l'année dernière, la branche belge des Frères de la Charité approuvait un texte qui rendait l'euthanasie possible dans les institutions qu'elle gère. Et ce y compris pour des personnes qui ne sont pas en phase terminale, moyennant des conditions fort s...

En mars de l'année dernière, la branche belge des Frères de la Charité approuvait un texte qui rendait l'euthanasie possible dans les institutions qu'elle gère. Et ce y compris pour des personnes qui ne sont pas en phase terminale, moyennant des conditions fort strictes. Estimant pareille position contraire à l'enseignement de l'Eglise, René Stockman (photo), supérieur général de cette congrégation depuis 2006, a vu rouge. Pour lui, pas question d'accepter que l'euthanasie - même si les conditions légales sont remplies selon le droit belge - ait lieu à l'intérieur d'un établissement géré par les Frères de la Charité. Fondée voici plus de deux siècles, cette communauté active dans 31 pays occupe dans notre pays quelque 14.000 personnes, essentiellement en Flandre et y gère notamment 12 hôpitaux psychiatriques. Immédiatement, le ton est monté. Le pape et la Curie romaine s'en sont mêlés. Des ultimatums ont été lancés et, nouveau rebondissement, une dizaine de Frères sont aujourd'hui traînés en justice. Craignant de se retrouver excommuniés ils auraient placé - ou s'apprêteraient à le faire - " plus d'un million d'euros " dans une fondation. Pour René Stockman, il s'agit-là d'une " aliénation " du patrimoine de la congrégation. L'affaire est actuellement pendante devant le tribunal civil de Gand.