Avec la remontée des taux d'intérêt, ma banque me propose régulièrement des placements en obligations ou dans des fonds obligataires. Est-ce une bonne idée ?

Les taux d'intérêt sont effectivement en hausse depuis l'été dernier, même s'ils naviguent toujours à des niveaux historiquement bas. De plus, en raison du regain d'inflation, le taux réel n'a globalement pas progressé, et reste souvent négatif. La tendance haussière sur les marchés obligataires, conséquence de la baisse constante de l'intérêt, est cependant terminée. Les investisseurs lourdement exposés aux obligations seront dès lors bien inspirés de réduire ce pourcentage. Une hausse des taux d'intérêt est en effet une mauvaise nouvelle pour les détenteurs d'obli...

Les taux d'intérêt sont effectivement en hausse depuis l'été dernier, même s'ils naviguent toujours à des niveaux historiquement bas. De plus, en raison du regain d'inflation, le taux réel n'a globalement pas progressé, et reste souvent négatif. La tendance haussière sur les marchés obligataires, conséquence de la baisse constante de l'intérêt, est cependant terminée. Les investisseurs lourdement exposés aux obligations seront dès lors bien inspirés de réduire ce pourcentage. Une hausse des taux d'intérêt est en effet une mauvaise nouvelle pour les détenteurs d'obligations, puisque le cours d'une obligation baisse à mesure que les taux augmentent. Plus l'échéance d'une obligation est longue, plus le cours réagira vivement aux fluctuations des taux. Les obligations et les fonds obligataires sont à éviter au début d'un cycle de hausse des taux. De plus, nous pensons que le marché sous-estime l'inflation à venir. La politique protectionniste de Donald Trump est porteuse d'inflation en raison des coûts de production plus élevés aux États-Unis qu'au Mexique ou en Chine, par exemple. Jusqu'à nouvel ordre, nous continuons donc à préférer les actions. Il faut cependant faire preuve de sélectivité. Dans cette phase, nous éviterions les actions à fort rendement de dividende comme les sociétés immobilières (SIR), qui subiront à terme la concurrence de taux obligataires de plus en plus élevés. Concernant les SIR, nous anticipons pour les années à venir un recul des primes record actuelles - 40 à 80 % de la valeur intrinsèque. En revanche, un secteur qui se montre traditionnellement performant en période de regain d'inflation est celui des matières premières. La hausse des taux est également une bonne nouvelle pour les banques, dont l'augmentation des différentiels de taux favorise la rentabilité. Dans notre portefeuille modèle, nous misons sur cette évolution avec l'iShares Stoxx600 Banks ETF (code ISIN : DE000A0F5UJ7). Le secteur de la construction profitera lui aussi de la reprise économique. À première vue, une hausse des taux semble être une mauvaise nouvelle pour les métaux précieux. La présidente de la Fed, Janet Yellen, a cependant rappelé la semaine dernière que les relèvements des taux seront très progressifs. En cause : la problématique mondiale de l'endettement. L'inflation continuera donc à progresser plus rapidement que le niveau des taux. Et historiquement, c'est une excellente nouvelle pour les métaux précieux. À titre de protection, nous restons ainsi très investis dans l'or et l'argent, au travers des entreprises de royalties et de trackers. UNE QUESTION EN MATIÈRE D'INVESTISSEMENT ? Chaque semaine, nous traitons une ou deux questions de nos abonnés. Vous avez une question relative à vos investissements ? Envoyez-la-nous par courriel à initiedelabourse@roularta.be et vous en lirez peut-être la réponse ici.