L'action de Greenyard ne cesse de prendre de la hauteur. Est-il trop tard pour en acheter ?

Cette année, l'action Greenyard a brillé sur Euronext Bruxelles, en affichant une hausse de quelque 50 %. Sur douze mois, l'augmentation ressort même à 75 %. Le refinancement à succès de décembre 2016 y a avant tout contribué. Chaque année, Greenyard économise 15 millions d'euros de charges d'intérêts depuis le remboursement anticipé d'une coûteuse obligation convertible d'Univeg (285 millions d'euros). L'entreprise a aussi pu renouveler ses facilités de crédit et a émis une nouvelle obligation convertible quinquennale pour 125 millions d'euros au prix de ...

Cette année, l'action Greenyard a brillé sur Euronext Bruxelles, en affichant une hausse de quelque 50 %. Sur douze mois, l'augmentation ressort même à 75 %. Le refinancement à succès de décembre 2016 y a avant tout contribué. Chaque année, Greenyard économise 15 millions d'euros de charges d'intérêts depuis le remboursement anticipé d'une coûteuse obligation convertible d'Univeg (285 millions d'euros). L'entreprise a aussi pu renouveler ses facilités de crédit et a émis une nouvelle obligation convertible quinquennale pour 125 millions d'euros au prix de conversion de 17,43 euros par action. Pour éviter la dilution possible de 16,2 %, elle a lancé un programme de rachat d'actions propres en mars pour un maximum de 1.750.000 d'actions, soit 3,94 % des actions en circulation. C'est à partir de ce moment que la hausse du cours s'est accélérée. Le soutien du programme de rachat d'actions est pour l'instant nul, car jusqu'au 11 août, 1.718.000 titres ont déjà été rachetés. Le rallye a démarré début juin après l'annonce des bons résultats annuels (exercice clos le 31 mars). Le chiffre d'affaires (CA) a dépassé pour la première fois le cap psychologique des 4 milliards d'euros, à 4,25 milliards, ce qui représente une augmentation de 7,1 % (+5,3 % récurrent). Le marché s'est cependant montré quelque peu déçu par la marge bénéficiaire, dans la mesure où le cash-flow opérationnel récurrent (REBITDA) a progressé de 7 %, à 145,7 millions d'euros, en ligne avec l'évolution du CA, ce qui a donné lieu à une stabilisation de la marge de REBITDA, à 3,4 %. À peine une semaine plus tard, le rallye a repris après l'annonce de la reprise de la division Horticulture du groupe polonais Mykogen, un producteur de substrat pour champignons. Greenyard a déboursé 93 millions d'euros pour cette division qui a connu une croissance moyenne de 8 % ces dernières années et dégagé une marge de REBITDA très intéressante de plus de 35 %. La marge de REBITDA pro forma du groupe a progressé de 30 points de base, à 3,7 %, grâce à l'acquisition. Cette annonce s'est avérée le signal, pour la société GIMV, en faveur de la vente de sa participation restante de 4,9 % dans Greenyard. Fin juillet, l'actionnaire principal Hein Deprez a acheté un lot de 4,9 % d'Agri Investment Fund, un fonds d'investissement du Boerenbond, portant la participation de la famille Deprez à 49,3 %. Les perspectives demeurent positives dès lors que l'alimentation saine s'affirme comme une tendance durable. De plus, la CEO Vaesen et Hein Deprez aux commandes offrent la garantie d'une croissance ultérieure équilibrée. Après le rallye, nous abaissons notre conseil à " conserver " (2B), car la valorisation a augmenté, à 24 fois le bénéfice attendu pour 2017/2018 et à 8 fois le rapport entre la valeur d'entreprise (EV) et le REBITDA