C'est l'ouverture de l'année à Bruxelles. La famille Litvine et Yves Mattagne ont entrepris de dépoussiérer des lieux où, il n'y a pas si longtemps, il fallait encore porter haut la cravate pour avoir le droit de s'attabler. Pas de doute, en pénétrant dans cette nouvelle Villa, on ne ressent plus ce côté ampoulé, pompeux jusque dans le décor. Place à l'aéré, au rose et aux tableaux colorés. On ne vous en dira pas plus sur la salle et pour cause, le soir de notre venue, il faisait si beau que toutes les tables avaient été dressées sur l'immense terrasse.
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C'est l'ouverture de l'année à Bruxelles. La famille Litvine et Yves Mattagne ont entrepris de dépoussiérer des lieux où, il n'y a pas si longtemps, il fallait encore porter haut la cravate pour avoir le droit de s'attabler. Pas de doute, en pénétrant dans cette nouvelle Villa, on ne ressent plus ce côté ampoulé, pompeux jusque dans le décor. Place à l'aéré, au rose et aux tableaux colorés. On ne vous en dira pas plus sur la salle et pour cause, le soir de notre venue, il faisait si beau que toutes les tables avaient été dressées sur l'immense terrasse. Il n'y a qu'une seule cuisine et une seule entrée mais deux concepts déclinés dans deux salles différentes: le lounge et la partie gastronomique. Nous ne vous parlerons aujourd'hui que du deuxième, qui était très attendu vu le long passé bi-étoilé d'Yves Mattagne au Sea Grill. Mais aussi en raison du rajeunissement espéré du public sans renier cette clientèle aisée et un peu âgée capable de venir trois fois en quatre jours: une fameuse équation pas si simple à résoudre. Rassurons d'entrée les aficionados du chef, la Villa fait du Mattagne: sont bien au menu le turbot rôti à l'arête, la béarnaise de homard ou d'huître ou le homard bleu breton à la presse préparé en salle par l'épatant Fabrice D'Hulster qui règne en maître sur un service efficace, souriant et... relax. A côté d'une carte courte, Yves Mattagne propose deux menus: cinq services (145 et 60 euros pour les vins adaptés) ou sept services (175 et 85 euros). Franchement, un prix (inattendu) très raisonnable pour un chef bi-étoilé à Bruxelles. Il y a à boire et à manger dans ce menu dont nous n'avons pas trouvé le fil rouge. Il y a du sublime comme la langoustine cuite sur galet flambée cette fois au saké et servie avec un épatant consommé de canard laqué, un gyosa et du foie gras poêlé. Il y a du presque parfait avec le cabillaud (on l'aurait aimé plus combatif) avec une émulsion au parmesan, coquillages, combava, chou kimchi et poire nashi. Il y a de l'audace dans l'association cerise, pickles et hamachi et de la fusion avec le pigeon d'Anjou servi avec harissa, pastilla et jus au ras-el-hanout. Mais il y a aussi de l'incongru comme ce hamburger de ris de veau et frites sorti tout droit de l'Art Club (clin d'oeil à une récente aventure culinaire signée Mattagne). Ou comme cette gaufre aux algues qui vient inutilement alourdir une préparation magique de boeuf Wagyu au caviar Dauricus, granny et concombre. Et du très bof comme le dessert autour de la rhubarbe.Impression mitigée donc mais le resto n'était âgé que de quatre jours lors de notre visite.