Procoplast, c'est l'une des success-stories qu'on aime raconter en province de Liège. L'entreprise vacillait quand Geoffroy Boonen l'a rachetée en 2005. Il a fait le pari de l'automatisation et du recentrage sur les pièces à très haute valeur ajoutée, des boîtiers en plastique injecté à destination, essentiellement, de l'industrie automobile. Et 12 ans plus tard, les effectifs ont plus que doublé pour atteindre les 100 personnes. Procoplast réalise un chiffre d'affaires de 26 millions d'euros quasi exclusivement à l'exportation. La démonstration est faite : l'industrie 4.0 peut gonfle...

Procoplast, c'est l'une des success-stories qu'on aime raconter en province de Liège. L'entreprise vacillait quand Geoffroy Boonen l'a rachetée en 2005. Il a fait le pari de l'automatisation et du recentrage sur les pièces à très haute valeur ajoutée, des boîtiers en plastique injecté à destination, essentiellement, de l'industrie automobile. Et 12 ans plus tard, les effectifs ont plus que doublé pour atteindre les 100 personnes. Procoplast réalise un chiffre d'affaires de 26 millions d'euros quasi exclusivement à l'exportation. La démonstration est faite : l'industrie 4.0 peut gonfler l'emploi. Cela avait valu à Geoffrey Boonen d'être nommé pour le Manager de l'Année et à sa société de concourir pour le titre d'Entreprise de l'Année. Si tout va si bien, pourquoi Geoffroy Boonen a-t-il décidé de vendre son entreprise ? " Nous oeuvrons sur un marché très concentré où il est très compliqué de dénicher de nouveaux clients, surtout en Europe, explique-t-il. Nous travaillons avec de gros clients mondiaux qui souhaitent que leurs partenaires soient au minimum présents sur chaque continent. Enfin, nous utilisons des technologies très évolutives et il faut constamment investir pour rester au sommet de la vague. " C'est particulièrement vrai aujourd'hui avec le développement des voitures autonomes et électriques qui ont un besoin accru des boîtiers du type de ceux que fabrique Procoplast. Pas question de rater cette évolution du marché. C'est pourquoi la firme était à l'affût de partenaires avec lesquels conclure une alliance stratégique. " Je ciblais des petites entreprises comme la nôtre et soudain, le géant Methode Electronics a manifesté son intérêt. Moi, je n'aurais sans doute jamais eu l'audace de me tourner vers un groupe qui réalise plus de 800 millions d'euros de chiffre d'affaires et emploie 6.000 personnes à travers le monde. " Methode Electronics, basé à Chicago, développe aussi des produits et des solutions d'ingénierie spécifiques au secteur automobile. Mais il n'a ni clients ni produits en commun avec Procoplast. D'où de vraies perspectives de complémentarité de part et d'autre. Et comme Methode Electronics cherchait un site de production au coeur de l'Europe afin de se rapprocher de ses clients allemands et français, la toute nouvelle usine hautement automatisée inaugurée en début d'année par Procoplast à Lontzen (cantons de l'Est) a achevé de les convaincre. L'affaire fut bouclée en six mois. Geoffroy Boonen restera à la tête de Procoplast, convaincu que la nouvelle configuration sera porteuse pour l'entreprise et l'emploi en Belgique. " Nous ne sommes pas rachetés par un private equity qui exigerait une rentabilité forte et rapide mais par une société industrielle, rassure-t-il. Nous aurons les moyens d'investir et de conquérir de nouveaux marchés. L'arrivée de ce groupe est un message de fraîcheur : elle montre qu'on croit encore au développement de l'industrie chez nous. " Christophe De Caevel