En août, Primera Air avait annoncé avec grand fracas son arrivée prochaine sur le tarmac de Brussels Airport. Quelques semaines plus tard, en laissant des milliers de passagers bloqués dans les aéroports, la compagnie low cost danoise a déposé son bilan. Une décision brutale. Cinq mois à peine après le lancement de ses opérations à London-Stansted (New York et Boston à raison ...

En août, Primera Air avait annoncé avec grand fracas son arrivée prochaine sur le tarmac de Brussels Airport. Quelques semaines plus tard, en laissant des milliers de passagers bloqués dans les aéroports, la compagnie low cost danoise a déposé son bilan. Une décision brutale. Cinq mois à peine après le lancement de ses opérations à London-Stansted (New York et Boston à raison de 11 vols par semaine) et au départ de Roissy (25 vols par semaine à destination de New York, Boston, Montréal, Toronto et Tel-Aviv). Quelques semaines à peine après avoir annoncé le lancement de nouvelles lignes au départ de Madrid, Berlin, Francfort et, donc, Bruxelles. Créée en 2003, Primera Air - à l'origine une compagnie charter - avait décidé de se lancer aussi dans les vols réguliers long-courriers à bas coûts. Un créneau compliqué où de nombreuses compagnies se sont déjà cassé les dents. Elle avait transporté un million de passagers en 2017 et espérait doubler ce résultat cette année. Elle avait basé sa stratégie sur l'utilisation des A321 dont le coût au siège est inférieur de 25 % aux autres avions long-courriers. La compagnie justifie sa faillite par la livraison retardée de ses Airbus, par des coûts inattendus de réparation d'appareils et par l'escalade des prix pétroliers. En d'autres termes, Primera Air semble donc s'être lancée dans le long-courrier sans avoir l'assise financière nécessaire. Le cas danois reflète les difficultés actuelles du ciel européen. De nombreuses compagnies, dont Norwegian, sont à la recherche de refinancement. L'envolée du kérozène combinée à une probable guerre des prix suite à l'augmentation de l'offre low cost et à la stratégie de reconquête de Ryanair n'augure rien de bon. Et on n'a pas encore évoqué les soucis liés au Brexit ou à l'éventuel arrêt du changement d'heure le printemps prochain qui pourrait conduire à l'annulation de milliers de vols...