Il y a quelques mois, le nom de Gustav Klimt (1862-1918) revenait dans l'actualité par le biais de spéculations sur l'avenir du Palais Stoclet. C'est dans ce bijou bruxellois, non accessible au public depuis les années 1990, que le peintre autrichien créa il y a un peu plus d'un siècle trois fresques en mosaïques, exceptionnelles de sophistication et de modernité.
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Il y a quelques mois, le nom de Gustav Klimt (1862-1918) revenait dans l'actualité par le biais de spéculations sur l'avenir du Palais Stoclet. C'est dans ce bijou bruxellois, non accessible au public depuis les années 1990, que le peintre autrichien créa il y a un peu plus d'un siècle trois fresques en mosaïques, exceptionnelles de sophistication et de modernité. Est-ce vraiment un hasard si Klimt, mais aussi Egon Schiele ou l'architecte Otto Wagner, créateurs de premier plan, moururent en même temps que l'Empire austro-hongrois dépecé après la défaite de 14-18 ? L'onirisme éveillé de Klimt ou les contorsions d'Egon Schiele, disparu à 28 ans à peine et laissant une oeuvre mélancolique et cruelle, n'étaient en effet jamais très loin des convulsions qui frappaient alors l'Europe. Un art qui influencera profondément les générations futures, notamment jusqu'aux toiles d'un certain David Bowie. Produit avec la collaboration du musée du Belvédère de Vienne, l'événement qu'organise Bozar s'arrête sur les courants qui naquirent dans les dernières heures de l'Empire, et après sa chute. Soit les oeuvres de quelque 80 artistes où se croisent les mouvements apparus dans l'entre-deux-guerres : surréalisme, expressionnisme, néoréalisme, constructivisme ou encore le mouvement du Bauhaus dont le détournement des conventions sera réprimé par les nazis. Une quête éclatée qui reconsidère la forme, la flatte ou la détourne dans des répertoires contrastés, que ce soit chez Oskar Kokoshka, Koloman Moser, László Moholy-Nagy, Franti?ek Kupka ou Alfred Kubin. A ne pas manquer, l'expérience proposée par Bozar en même temps que l'expo : la visite, avec lunettes de réalité virtuelle, du triptyque créé par Klimt pour le Palais Stoclet, transformé en paradis digital par l'artiste Frederick Baker.