Le tableau annuel de la richesse dans le monde dressé par Credit Suisse devrait inciter à redoubler d'optimisme. La richesse mondiale a augmenté de 6,4 % en un an pour atteindre 280.000 milliards de dollars. Sur 10 ans, la hausse est de 27 %, soutenue pour l'essentielle par la hausse des marchés d'actions.
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Le tableau annuel de la richesse dans le monde dressé par Credit Suisse devrait inciter à redoubler d'optimisme. La richesse mondiale a augmenté de 6,4 % en un an pour atteindre 280.000 milliards de dollars. Sur 10 ans, la hausse est de 27 %, soutenue pour l'essentielle par la hausse des marchés d'actions. Les économistes de la banque helvète entrevoient en outre une réduction des inégalités, un pic ayant été atteint. " Ces dernières années, les inégalités de richesses ont eu tendance à se creuser en raison d'une part grandissante des actifs financiers dans la fortune des ménages et du renforcement du dollar (...) Ces facteurs semblent sur le déclin ", explique l'étude, tout en restant prudente sur une résorption prochaine des inégalités. Malgré ces perspectives encourageantes, les millenials, les jeunes âgés de 18 à 35 ans, pourraient être les grands perdants de ce boom de la richesse mondiale. Les économistes de la banque consacrent ainsi un chapitre entier à ces " millenials malchanceux " qui auront plus de mal à s'enrichir que la génération du baby-boom. Les pertes liées à la crise de 2008-2009, le fort taux de chômage qui en a découlé, " ajoutez à cela la hausse de la dette étudiante dans certains pays développés, des conditions d'emprunt plus difficiles, la hausse des prix de l'immobilier, la montée des inégalités de salaire... et vous obtenez le cocktail explosif qui empêche les millenials d'accumuler de la richesse ", écrit la banque. Les millenials sont moins nombreux que les baby-boomers. La concurrence à l'école ou dans la recherche d'un emploi n'en est pas moins rude. D'un point de vue démographique, " une partie de l'explication vient du fait que dans un certain nombre de pays, ce groupe n'est pas si petit que cela finalement ", avancent les économistes de Credit Suisse. La banque relève également que les millenials sont de plus en plus endettés en raison des prix de l'immobilier, mais également pour décrocher un diplôme. Aux Etats-Unis, en 2013, 37 % des 20-29 ans avaient une dette étudiante sur le dos. L'augmentation de cette dette est le signe que de plus en plus de jeunes ont accès à l'université, mais elle est surtout le reflet de la hausse des frais de scolarité. Malheureusement, une meilleure éducation ne va profiter qu'à une minorité d'étudiants spécialisés en finance ou en tech, avertit l'étude. " Pour la plupart des millenials diplômés du supérieur, les postes qu'ils pourront briguer et les salaires auxquels ils pourront prétendre ne seront pas meilleurs que ceux de leurs parents, au prix d'un effort financier plus important pour leur éducation ", résument les auteurs de l'étude. Enfin, les inégalités au sein de cette génération risquent de se creuser, prédit l'étude. En effet, il est improbable que plus de 50 % d'une génération reçoivent un pécule de leurs parents. Ce alors même que les héritages qui vont être reçus seront de plus en plus importants : " la fortune des parents des millenials a été dopée par les prix de l'immobilier et par le boom des marchés actions ces dernières années ", détaillent les économistes.