Crédal n'est pas une banque comme les autres. Si tant est qu'il faille même l'appeler une banque. Crédal est une coopérative à finalité sociale qui propose du placement éthique, du crédit alternatif et de l'accompagnement de projets à finalité sociale. C'est à l'évidence une société qui charrie un certain nombre de valeurs. Ces valeurs - solidarité, respect, dignité -, Isabelle Philippe les a en elle depuis longtemps.
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Crédal n'est pas une banque comme les autres. Si tant est qu'il faille même l'appeler une banque. Crédal est une coopérative à finalité sociale qui propose du placement éthique, du crédit alternatif et de l'accompagnement de projets à finalité sociale. C'est à l'évidence une société qui charrie un certain nombre de valeurs. Ces valeurs - solidarité, respect, dignité -, Isabelle Philippe les a en elle depuis longtemps. " J'ai toujours été intéressée par le secteur social et la coopération au développement, explique la nouvelle directrice générale de Crédal. Dans le cadre de mes études à l'Ichec, j'avais d'ailleurs choisi, en dernière année, l'option " économie des pays en voie de développement " et je suis partie pendant deux mois au Chili. J'ai adoré mais les circonstances de la vie ont fait que, finalement, je n'ai pas été plus loin. " Avec un papa propriétaire d'un bureau de courtage à Genappe, Isabelle Philippe aurait pu, au sortir de ses études commerciales, rejoindre le monde des assurances. Mais elle a choisi une autre voie. " Après l'Ichec, je me suis fait plaisir avec un an de post-graduat en études culturelles à la KU Leuven. Principalement pour parfaire mon néerlandais mais j'ai adoré les cours. J'aurais pu m'orienter vers le secteur culturel qui est une vraie passion. J'avais envie de contacts humains. Finalement, la première offre qui m'a convaincue est venue de la CGER. " Isabelle Philippe a donc fait ses débuts professionnels dans une agence bancaire à Auderghem où, vu ses antécédents familiaux, elle s'est vite spécialisée dans les PME et les indépendants. " C'était une vraie banque de quartier comme il en existe hélas de moins en moins. Le contact et la proximité avec les clients m'ont bien plu. J'avais vraiment l'impression de participer à leur développement. Après la naissance de Fortis, j'ai accepté un poste avec plus de responsabilités qui m'a éloignée des clients. Et au bout d'un certain temps, la finalité de mon travail ne correspondait plus du tout à mes valeurs. " Une discussion avec Eric Mikolajczak, responsable de la Boutique de Gestion, un organisme de conseil pour le développement de la vie associative, Nivellois comme elle, va mettre Isabelle Philippe sur la voie de Crédal. " Je ne connaissais pas du tout cet organisme, avoue-t-elle. J'ai été engagée comme conseillère crédit aux associations et entreprises sociales et le job m'a tout de suite plu. Je suis restée 15 ans en évoluant dans ma fonction pour terminer comme coordinatrice du département crédit. " Attirée par le secteur de la santé et parce qu'après 15 ans, l'envie de bouger se fait sentir, en 2014, Isabelle Philippe rejoint les Mutualités chrétiennes comme responsable des agences de l'est du Brabant wallon. " C'est un secteur avec beaucoup de défis, notamment au niveau du vieillissement de la population, assure-t-elle. D'ailleurs, je me verrais bien ouvrir dans quelques années une maison de repos alternative. " D'ici là, Isabelle Philippe va mettre toute son énergie au service de Crédal. Une coopérative qui suit de près et accompagne les nombreuses initiatives citoyennes. " Crédal fait du microcrédit personnel et professionnel pour lutter contre l'exclusion sociale et financière. Nous prenons le temps qu'il faut pour accompagner et guider nos clients dans leurs projets. Mais à côté de cela, et c'est une partie importante de notre travail, nous finançons des projets à vocation sociale comme les ateliers protégés, les maisons d'accueil. Le commerce durable et équitable aussi. Nous avons d'ailleurs aidé Agricovert à se lancer. Enfin, nous disposons aussi d'une cellule qui travaille à l'émergence de projets durables que nous initions nous-mêmes. " Xavier Beghin