Brice Teinturier range " le rejet fiscal " parmi les racines de la Praf-attitude. Démonstration : " Le niveau de la fiscalité était bien plus élevé dans les années 1980. Or la fiscalité apparaît bien plus insupportable aujourd'hui. C'est vraiment un changement dans le...

Brice Teinturier range " le rejet fiscal " parmi les racines de la Praf-attitude. Démonstration : " Le niveau de la fiscalité était bien plus élevé dans les années 1980. Or la fiscalité apparaît bien plus insupportable aujourd'hui. C'est vraiment un changement dans les représentations et dans les valeurs. Nous sommes de plus en plus dans un rapport de transaction avec la fiscalité : je paie mes impôts pour obtenir un certain service public en retour. Ça, ce n'est pas le modèle de l'impôt mais celui de la redevance. Payer ses impôts, ce n'est pas une logique marchande mais une logique d'appartenance à la citoyenneté et de redistribution, ces logiques-là régressent dans la société française. D'où le rejet fiscal. Je dérange quand je pointe cela, car il y a une forme de consensus selon lequel il faut baisser les impôts. Je ne dis pas qu'il faut les augmenter, je dis qu'à travers la critique de la fiscalité se joue un système de valeurs qui va à l'encontre de l'enjeu de la citoyenneté, et donc de la démocratie. Un rapport à la citoyenneté, à la redistribution, à la cohésion se joue à travers la fiscalité. Une société trop inégalitaire ne peut pas fonctionner sur un modèle démocratique. A un moment donné, ça devient insupportable aux yeux d'une partie de la population et la démocratie leur apparaît comme un peu formelle. "