Un champion européen de l'automobile est né à petit prix avec le rachat des activités auto de General Motors en Europe par PSA (Peugeot Citroën). Le groupe français va payer 1,3 milliard d'euros pour s'offrir Opel et Vauxhall, les deux marques européennes de GM. C'est peu pour ajouter un million de voitures aux 3,1 millions déjà vendues annuellement par PSA et deve...

Un champion européen de l'automobile est né à petit prix avec le rachat des activités auto de General Motors en Europe par PSA (Peugeot Citroën). Le groupe français va payer 1,3 milliard d'euros pour s'offrir Opel et Vauxhall, les deux marques européennes de GM. C'est peu pour ajouter un million de voitures aux 3,1 millions déjà vendues annuellement par PSA et devenir numéro deux européen derrière le groupe VW. En réalité, le montant déboursé sera moindre car PSA va payer en partie Opel et Vauxhall avec des warrants, qui donneront à GM le droit de détenir 4,2 % des actions de PSA. Le français va aussi mettre la main sur la filiale financière de GM Europe à travers un rachat conjoint organisé avec BNP Paribas. Les deux achats ne coûteront qu'un milliard d'euros en cash à PSA. General Motors, qui a préféré faire une croix sur l'Europe, trop content de se débarrasser d'un constructeur trop petit, et en perte chronique, s'est montré trés généreux et a même accepté de prendre en charge le coût des pensions des 40.000 salariés d'Opel et Vauxhall. Carlos Tavares, CEO de PSA, parie que ce rachat dégagera des économies annuelles de l'ordre de 1,7 milliard d'euros à partir de 2026, grâce au partage des moteurs et plateformes. Les marques Opel, Vauxhall, Peugeot et Citroën continueront à vivre séparément, mais les voitures auront des entrailles similaires, comme l'a si bien réussi Renault avec Nissan. L'opération, risquée, mise aussi sur une croissance des ventes à 5 millions de voitures par an. Carlos Tavares, ancien dirigeant de Renault, est expert dans la maîtrise des coûts et le partage d'éléments entre marques. Il l'a montré avec le redressement rapide de PSA. Si l'on en croit la hausse du cours du groupe français à l'annonce du rachat, l'homme semble avoir la confiance des investisseurs. ROBERT VAN APELDOORN