Les marchés financiers continuent de très bien se comporter. Au cours des dix-huit derniers mois, nous n'avons connu qu'un seul moment de réelle panique : le vendredi 24 juin 2016, à l'annonce des résultats du référendum britannique. Les marchés financiers ne s'imaginaient absolument pas qu'une majorité des électeurs du Royaume-Uni se laisseraient dicter par les émotions davantage que par la raison, et décideraient d'une sortie de l'Union européenne. A posteriori, il s'avère qu'il n'y avait pas lieu de paniqu...

Les marchés financiers continuent de très bien se comporter. Au cours des dix-huit derniers mois, nous n'avons connu qu'un seul moment de réelle panique : le vendredi 24 juin 2016, à l'annonce des résultats du référendum britannique. Les marchés financiers ne s'imaginaient absolument pas qu'une majorité des électeurs du Royaume-Uni se laisseraient dicter par les émotions davantage que par la raison, et décideraient d'une sortie de l'Union européenne. A posteriori, il s'avère qu'il n'y avait pas lieu de paniquer. Et depuis lors, les investisseurs ne se laissent plus impressionner. Ni par le référendum italien, ni par l'inflexion de la politique monétaire, ni par les attaques terroristes perpétrées en Occident, ni par les tensions en Corée du Nord, ni par le conflit entre l'Espagne et la Catalogne, ni même par l'attentat meurtrier de Las Vegas. Rien ne semble plus les émouvoir. On pourrait supposer qu'après une hausse aussi exceptionnellement longue et soutenue, les investisseurs finissent par souffrir de vertige. En octobre 2017 en tout cas, ce n'est pas le cas. Au contraire. L'indice VIX, qui mesure la volatilité de la Bourse américaine ou, en d'autres termes, la nervosité des marchés, se trouve à un creux historique. Cet indice a clôturé à 9,19 le 5 octobre (voyez l'illustration ci-contre). C'est du jamais vu ! La dernière fois que l'indice a atteint un tel niveau, c'était... au printemps 2007. On ne peut donc qu'affirmer que Wall Street est pour le moins complaisant. Les investisseurs ne semblent absolument pas craindre de krach, ni même de correction des marchés. En soi, cette sérénité n'augure rien de bon pour les 12 à 24 prochains mois sur les places boursières occidentales. Il suffit pour s'en convaincre de se rappeler la situation d'il y a dix ans : début 2007, aucun nuage n'obscurcissait le ciel boursier, et personne n'aurait pu s'imaginer que deux années plus tard, nous traverserions la crise bancaire la plus profonde depuis la Deuxième Guerre mondiale, qui se muerait ensuite en Grande Récession. Pour autant, il n'est pas dit que les Bourses connaîtront un effondrement... Il faut plutôt y voir une indication que le moment n'est pas idéal actuellement pour investir pleinement en actions ou d'autres actifs risqués. La prudence s'impose quoi qu'il en soit. Car lorsque les marchés basculent après une hausse aussi longue que soutenue, et après avoir procuré aux investisseurs un tel sentiment de sérénité, les dégâts sont généralement (très) lourds. L'autosatisfaction et l'insouciance se muent alors en crainte et en peur-panique.