" Après analyse méticuleuse, ce rapprochement n'aurait pas créé de bénéfices suffisants pour compenser des risques, coûts de restructuration et besoins en capital requis par une telle intégration. " C'est par ces mots que, de concert, Deutsche Bank et Commerzbank ont mis fin à six semaines de négociations ardues et complexes. Dès l'annonce de leurs discussions, ce fut une levée de boucliers ven...

" Après analyse méticuleuse, ce rapprochement n'aurait pas créé de bénéfices suffisants pour compenser des risques, coûts de restructuration et besoins en capital requis par une telle intégration. " C'est par ces mots que, de concert, Deutsche Bank et Commerzbank ont mis fin à six semaines de négociations ardues et complexes. Dès l'annonce de leurs discussions, ce fut une levée de boucliers venue tant des investisseurs que du monde politique et des syndicats. Ces derniers évoquaient 30.000 pertes d'emploi sur les 140.000 des deux entités fusionnées. A l'exception du ministre des Finances, Olaf Scholz, ravi de la naissance d'un super champion national, les hommes politiques craignaient la naissance d'un mastodonte (1.900 milliards d'euros d'actifs) devenu too big to fail à l'image des grandes banques américaines avant la crise de 2008. Un avis partagé par BlackRock, présent au capital des deux banques et qui parle d'un problème de modèle économique plutôt que de taille. Cet échec relance l'intérêt des grands groupes bancaires européens pour Commerzbank qui leur fournirait l'accès aux entreprises allemandes. Une opération financièrement réalisable puisque la valorisation de la deuxième banque allemande n'est que de 9,5 milliards d'euros mais qui, en termes réglementaires (gestion du capital et des liquidités à travers les frontières), pourrait s'avérer ardu. Sans oublier l'Etat allemand qui possède 15% du capital. L'intérêt d'ING pour Commerzbank est déjà connu. Mais à côté de la banque néerlandaise qui envisage même un déménagement à Francfort, Santander, le n°1 européen du secteur, est aussi cité comme candidat potentiel au rachat. Unicredit, la banque italienne, envisage, elle, de fusionner Commerzbank avec Hypovereinsbank, une institution allemande qu'elle possède déjà. Ce qui résoudrait une partie des problèmes réglementaires. Enfin, côté français, on parle beaucoup de la Société Générale qui vient de racheter les activités de marché de Commerzbank.