Couleurs flashy, cadrages culottés, sens de l'ironie et du grotesque. Le tout via un scan des sociétés contemporaines, avec une préférence pour les éternels sujets de Sa Gracieuse Majesté: baigneurs, petits mangeurs de glace, fêtards bourgeois, couples noyés d'ennui et puis aussi le spectacle des fameux derbys équestres d'Epsom, ville du Surrey où le photographe Martin Parr est né en 195...

Couleurs flashy, cadrages culottés, sens de l'ironie et du grotesque. Le tout via un scan des sociétés contemporaines, avec une préférence pour les éternels sujets de Sa Gracieuse Majesté: baigneurs, petits mangeurs de glace, fêtards bourgeois, couples noyés d'ennui et puis aussi le spectacle des fameux derbys équestres d'Epsom, ville du Surrey où le photographe Martin Parr est né en 1952. "J'ai une relation haine-amour avec la Grande- Bretagne et je suis mortifié par le Brexit, explique-t-il. Pour moi, la photo est une forme de thérapie qui me permet aussi d'explorer les contradictions de mon pays. Par exemple, celles qui ont vu la production industrielle du Black Country passer d'usines employant 100 personnes aux compagnies actuelles qui en font travailler deux. A cause des Chinois." Il y a un peu plus de quatre ans à Londres, Martin Parr était récompensé aux Sony World Photography Awards par une Outstanding Contribution. A cette occasion, le sexagénaire nous confiait sa façon de s'immerger dans la foule: "J'aime les endroits avec beaucoup de monde, parce que les gens constituent ma matière première. C'est pourquoi je continue à fréquenter les plages, où d'ailleurs personne ne me reconnaît. Au final, il n'y a toujours qu'une chose qui compte: raconter des histoires, documenter le monde et refléter ses changements". Monde que ce grand gaillard d'1m90 et qui ressemble à un vieux Tanguy parcourt inlassablement: l'Albion bien sûr, mais aussi la Grèce, la Suisse, la Finlande ou encore... Knokke. S'il y avait une équivalence télévisuelle au travail de Parr, cela pourrait bien être la classique émission Strip-Tease. Même si entre l'image fixe et celle animée, la mesure du temps n'est pas la même. Mais les sujets et leur traitement, parfois oui... A noter, car c'est un fait rare pour une expo en galerie: le Hangar demande une entrée (raisonnablement) payante, de 5 à 7 euros.