L'équipe européenne de Ryder Cup a son nouveau capitaine ! Comme prévu, c'est l'Irlandais Padraig Harrington qui a été promu pour succéder au Danois Thomas Bjorn lors de l'édition de 2020 qui se disputera sur le parcours de Whistling Straits, dans le Wisconsin.

Sur le papier, Padraig Harrington a le profil idéal pour relever le défi. Agé de 47 ans, ce natif de Dublin a participé, comme joueur, à six éditions entre 1999 et 2010, en remportant quatre (2002, 2004, 2006 et 2010). Et depuis 2014, il a complété son C.V. en occupant trois fois le poste de vice-capitaine.

Lauréat de trois tournois du Grand Chelem (British Open en 2007 et 2008 et PGA Championship en 2008), " Paddy " (c'est son surnom) est l'un des joueurs les plus expérimentés et sympathiques du circuit mondial. Passionné et passionnant, il a le swing dans la peau, 365 jours par an. " Le golf, c'est toute ma vie, sourit-il. Une véritable obsession. Quand je regarde un film à la télé, j'y pense dès la moindre coupure publicitaire. "

Ce n'est pas un hasard si sa candidature a fait l'unanimité parmi les cadres de l'équipe européenne, dont Justin Rose, Rory McIlroy et Sergio Garcia.

Padraig Harrington a toujours été un champion atypique et imprévisible. Lorsqu'il commença sa carrière professionnelle, en 1995, ce fils de policier espérait modestement que le golf lui permettrait de boucler ses fins de mois. C'est dire s'il ne s'attendait pas à un tel destin.

Ceci dit, son parcours n'a pas été un long fleuve tranquille. En 2009, fort de ses trois Majors, il décide de changer de swing et de coach. C'est le début d'une véritable descente aux enfers qui le fait passer, en l'espace de quelques années, de la troisième à la 400e place de la hiérarchie mondiale. " J'étais en panique devant la balle, en manque absolu de confiance, se souvient-il. Je ratais les coups les plus faciles, comme un débutant. Et, au putting, c'était encore pire avec des yips incontrôlables. " Mais l'homme, nourri au biberon du fighting spirit de son pays et adepte inconditionnel de la pensée positive, a retrouvé ensuite son meilleur niveau, remportant même en 2015, à 44 ans, le prestigieux Honda Classic sur le PGA Tour américain. " En golf, il faut toujours voir le verre à moitié plein et toujours croire en sa bonne étoile ", assène le champion.

Sa carrière est un exemple de " fighting spirit ".

C'est cette capacité à se surpasser, à ne jamais jeter l'éponge et à créer une dynamique positive qui en fait, a priori, un capitaine modèle pour la Ryder Cup. Toujours actif sur l'European Tour (il a terminé dans le top 100 la Race to Dubaï en 2018), Padraig Harrington ne cache pas, en tout cas, son bonheur. Il sait que les Américains seront, en 2020, assoiffés de revanche après la déroute de Paris. Mais ne comptez pas sur lui pour trop s'inquiéter. Ce n'est pas le genre de la maison.